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GEOPOLITIQUE : Pékin tient les cartes, Poutine s’y rend après Trump et ce n’est pas un hasard
Crédit: Adobe Stock

Une neutralité qui n’est pas naïveté

La République populaire de Chine a passé les trois dernières années à cultiver une posture qu’elle appelle elle-même de « neutralité » sur la guerre en Ukraine. Le mot est important. Il est choisi. Il est diffusé sur toutes les ondes officielles, du Quotidien du Peuple à CGTN, en passant par les déclarations du ministre des Affaires étrangères Wang Yi. Mais cette neutralité-là n’a rien à voir avec celle de la Suisse en 1939 ou de l’Autriche pendant la guerre froide. C’est une neutralité active, intéressée, opportuniste, qui consiste à ne jamais condamner Moscou tout en se présentant à l’Occident comme un partenaire raisonnable de négociation.

Concrètement, depuis février 2022, Pékin a multiplié par plus de deux ses importations de pétrole russe, refusé toute sanction contre la Russie au Conseil de sécurité, fourni des composants à double usage que les Occidentaux soupçonnent de finir dans des drones Shahed assemblés en Russie, et offert un débouché bancaire alternatif via le système CIPS aux entreprises russes coupées de SWIFT. Tout cela sans jamais reconnaître officiellement annexer un seul mètre carré de territoire ukrainien. La Chine joue les arbitres tout en ravitaillant un camp. C’est habile. C’est froid. C’est efficace. Et c’est ce qui fait que Poutine se rend à Pékin sans même négocier vraiment l’agenda : il sait qu’il sera reçu, et il sait à quel prix.

Le partenariat « sans limites » et ses limites bien réelles

En février 2022, quelques jours avant l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, Xi et Poutine signaient une déclaration célèbre annonçant un partenariat « sans limites » entre la Chine et la Russie. La formule a fait couler beaucoup d’encre. Elle a aussi été soigneusement nuancée par Pékin dans les mois qui ont suivi. Sans limites, oui, mais avec des lignes rouges. Pas de transfert d’armes létales offensives. Pas de soutien public à l’annexion de Crimée ou des oblasts ukrainiens. Pas de violation frontale des sanctions occidentales qui pourrait exposer les banques chinoises à des sanctions secondaires américaines. La Chine veut une Russie affaiblie mais utile, dépendante mais pas effondrée.

Cette dialectique est cruciale pour comprendre la visite. Poutine n’arrive pas à Pékin en allié triomphant. Il arrive en demandeur. Il vient discuter du gazoduc Force de Sibérie 2, dont la Chine refuse depuis trois ans de signer les conditions financières définitives, parce qu’elle veut le gaz russe au prix qu’elle décide. Il vient discuter des paiements transfrontaliers, ralentis par la prudence des banques chinoises depuis l’extension des sanctions secondaires américaines. Il vient discuter de drones, de composants, d’électronique militaire. Et à chaque table, c’est Pékin qui fixe le tarif. La Russie est devenue le partenaire junior d’une relation qu’elle pensait équilibrée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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