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DECRYPTAGE : Ukraine, la supériorité militaire que Trump refuse de voir
Crédit: Adobe Stock

La plus puissante armée d’Europe

Quand Marco Rubio s’est installé face à Sean Hannity sur Fox News, il savait exactement ce qu’il allait dire. Cette interview n’était pas un dérapage. Ce n’était pas une formule maladroite glissée entre deux questions. C’était une déclaration calibrée, mesurée, assumée. Les forces armées ukrainiennes sont, selon ses propres mots, les plus puissantes de toute l’Europe. Le secrétaire d’État a appuyé son affirmation sur deux piliers solides. Un ratio de pertes qu’il a estimé à cinq Russes pour un Ukrainien sur le front, chiffre qui converge avec les évaluations des analystes occidentaux indépendants. Et surtout, quatre années d’adaptation continue au combat de haute intensité, une expérience qu’aucune autre armée européenne ne possède aujourd’hui. Rubio a employé un vocabulaire précis. Il a parlé de nouvelles tactiques, de nouvelles techniques, de nouveaux équipements, d’une guerre hybride asymétrique que les Ukrainiens auraient théorisée par la pratique. Ce n’est pas le vocabulaire qu’on emploie pour décrire un pays en survie. C’est celui qu’on emploie pour reconnaître une innovation doctrinale majeure.

L’importance de cette déclaration tient à son auteur autant qu’à son contenu. Marco Rubio n’est pas un fonctionnaire dissident. Ce n’est pas un opposant infiltré dans l’administration. C’est l’un des piliers idéologiques du trumpisme moderne, ancien rival devenu allié, sénateur de Floride passé par la commission du renseignement, connu pour sa ligne dure sur la Chine, sur la Russie, sur l’Iran. Quand un tel homme contredit publiquement son président sur un dossier de cette ampleur, il ne le fait pas par étourderie. Il le fait parce que les notes de renseignement qu’il consulte chaque matin disent ce qu’il a dit publiquement. Parce que les rapports des attachés militaires américains à Kyiv le confirment. Parce que les démonstrations en conditions réelles, dans le ciel saoudien comme dans les exercices conjoints, le prouvent. Rubio n’a pas trahi Trump. Il a simplement choisi, à un moment précis, de ne plus mentir. Et cette décision, dans une administration où la loyauté tient lieu de boussole, équivaut à un acte politique majeur. Elle signale que l’appareil de sécurité nationale commence à reprendre la main sur un récit qui s’éloignait dangereusement de la réalité. Elle signale aussi que la cohésion interne de l’exécutif américain n’est plus garantie sur le dossier ukrainien.

Je relis cette phrase, plus puissante armée d’Europe, et je pense à tous ces soldats ukrainiens qui ont entendu, depuis dix-huit mois, qu’ils étaient des perdants déguisés en combattants. Aujourd’hui, le secrétaire d’État américain dit l’inverse. Comment vit-on ce renversement quand on est dans une tranchée près de Pokrovsk ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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