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POLITIQUE : Trump plaisante sur une candidature au poste de Premier ministre d’Israël
Crédit: Adobe Stock

Une guerre qui n’en finit pas et une diplomatie qui s’érode

Au moment où Trump lâche sa boutade, la région est en feu. Gaza compte ses ruines. Le Liban sud panse ses plaies. La Cisjordanie s’enflamme par à-coups. Et au-dessus de tout cela, plane une question lancinante : jusqu’où ira le soutien américain au gouvernement israélien ? Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a multiplié les gestes spectaculaires. Reconnaissance renforcée de territoires contestés. Déplacement symbolique de représentations diplomatiques. Livraisons d’armes accélérées. Vetos systématiques au Conseil de sécurité de l’ONU. Discours alignés sur ceux de Benjamin Netanyahu. Sur la scène internationale, plusieurs chancelleries européennes parlent à mots couverts d’une fusion stratégique. Le terme est lourd. Mais il dit quelque chose de réel. La politique américaine au Moyen-Orient n’est plus seulement pro-israélienne. Elle est devenue, dans ses formes, ses rythmes et ses priorités, presque indistincte de la politique israélienne elle-même.

Dans ce contexte, la phrase de Trump n’est plus seulement une provocation. Elle est une confession involontaire. Elle dit ce que les chiffres montrent déjà. Selon plusieurs rapports publiés ces derniers mois, l’aide militaire américaine à Israël a battu des records historiques. Les transferts d’armements se chiffrent en milliards. Les coopérations en matière de renseignement se sont intensifiées. Les rencontres entre conseillers américains et responsables israéliens sont devenues hebdomadaires, parfois quotidiennes. Et au sommet, Donald Trump entretient avec Benjamin Netanyahu une relation qui dépasse la diplomatie classique. Il l’appelle. Il le défend. Il le couvre. Il le présente publiquement comme un ami personnel, un allié indispensable, un homme injustement attaqué. La frontière entre solidarité stratégique et engagement émotionnel s’est dissoute.

Une provocation calibrée, pas un accident

Ceux qui connaissent Donald Trump le savent. Il ne plaisante jamais tout à fait au hasard. Ses blagues sont des ballons d’essai. Ses sorties absurdes sont des sondes lancées dans l’opinion. Il teste les réactions. Il observe les indignations. Il mesure les silences. Sa phrase sur le poste de Premier ministre d’Israël s’inscrit dans cette mécanique. Elle flatte une partie de son électorat évangélique, profondément attaché à Israël. Elle séduit certains donateurs influents. Elle envoie un signal à Netanyahu et à la droite israélienne : je suis avec vous, jusqu’au bout, au point de pouvoir m’imaginer parmi vous. Et elle agace ses adversaires, ce qui suffit à le ravir.

Mais la provocation a un coût. Elle nourrit une perception déjà répandue dans le monde arabe et au-delà : celle d’une Amérique qui n’est plus un médiateur, mais un acteur partial, presque belligérant. Elle complique le travail des diplomates américains qui tentent encore, ici ou là, de maintenir des canaux de dialogue avec Le Caire, Amman, Doha, Riyad. Elle fragilise les efforts de médiation. Elle confirme à beaucoup que Washington ne pèse plus comme arbitre. Une plaisanterie, oui. Mais une plaisanterie aux conséquences bien réelles.

J’ai vu cette séquence trois fois avant d’écrire. Et trois fois, le même malaise. Parce qu’on ne plaisante pas sur ce qu’on désire vraiment.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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