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DECRYPTAGE : Trump sème la stupeur chez les alliés de l’OTAN avec un plan ukrainien jugé incohérent
Crédit: Adobe Stock

Un plan calibré sur les exigences russes

Le document fuité comporte des éléments qui, mis bout à bout, dessinent une capitulation ukrainienne déguisée en accord de paix. Première clause majeure : la réduction drastique des forces armées ukrainiennes, plafonnées à un niveau qui rendrait toute défense future face à une nouvelle agression russe quasi impossible. Deuxième clause : l’interdiction permanente faite à l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, gravée dans le marbre du traité. Troisième clause : la reconnaissance, sous une forme à préciser, du contrôle russe sur la Crimée, le Donbass et certaines parties des oblasts de Zaporijjia et Kherson. Quatrième clause : une amnistie générale pour les crimes de guerre commis pendant le conflit, ce qui scandalise jusque dans les rangs républicains à Washington. Cinquième clause : la levée progressive des sanctions occidentales contre Moscou, en échange d’engagements russes dont la vérification serait laissée à des mécanismes flous. La liste est longue. Elle est précise. Elle ressemble, mot pour mot, aux exigences formulées par le Kremlin depuis le début de l’invasion en février 2022. Plusieurs analystes notent que le texte américain reprend non seulement la substance, mais parfois la formulation même de documents russes diffusés en 2021 et 2022. Cette ressemblance n’a échappé à personne dans les capitales européennes.

Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, accepter ces clauses reviendrait à signer l’arrêt de mort politique de son pays. Mais refuser, c’est risquer une rupture frontale avec Washington, et donc l’arrêt de l’aide militaire américaine qui maintient encore l’armée ukrainienne en état de combattre. L’étau est cruel. Zelensky le sait. Trump le sait aussi. Les Européens, eux, mesurent qu’ils n’ont plus la capacité militaire ni industrielle de remplacer seuls le soutien américain à court terme. La production de munitions en Europe, même accélérée depuis deux ans, reste très en deçà des besoins ukrainiens. Les stocks sont bas. Les budgets, certes en hausse, ne suffisent pas à combler le vide laissé par un retrait américain. C’est précisément cette dépendance que l’administration Trump utilise comme levier. La menace implicite est claire : ou bien Kyiv accepte, ou bien Kyiv se débrouille.

Je pense aux soldats ukrainiens dans les tranchées de Pokrovsk pendant que je lis ces 28 points. Ils tiennent depuis bientôt quatre ans. Ils ont enterré des frères, des fils, des amis. Et voilà qu’à des milliers de kilomètres, dans des bureaux climatisés, on rédige sans eux la liste des choses qu’ils devront avaler pour que le bruit s’arrête.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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