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DECRYPTAGE : Moscou mise sur la masse, pas sur la précision, dans son attaque du 24 mai
Crédit: Adobe Stock

Qui est Serhii Beskrestnov

Serhii Beskrestnov, alias “Flash”, n’est pas un commentateur de plateau. C’est un ingénieur, un spécialiste des communications militaires, devenu l’une des voix les plus écoutées sur la guerre électronique en Ukraine. Conseiller du ministre de la Défense, il publie régulièrement des analyses techniques sur Facebook, lues par les militaires, les journalistes spécialisés et une partie significative du commandement. Son ton tranche avec la communication officielle. Il ne ménage personne. Il pointe les failles. Il salue ce qui mérite d’être salué. Il refuse les triomphalismes. Quand il dit que les missiles ont fait l’essentiel des dégâts parce qu’il y en avait “trop pour les ressources de la défense aérienne”, ce n’est pas une rhétorique de défense. C’est un aveu opérationnel. Une fissure nommée.

Dans son post, il détaille la composition de la vague. Beaucoup de missiles. Beaucoup de Shahed, dont une majorité non guidée, lancée en essaim sur des couloirs déjà connus, des trajectoires déjà répétées. Et un détail qui compte : plus de 40% des Shahed abattus l’ont été par des intercepteurs. Une proportion qu’il décrit comme la confirmation d’une tendance positive sur quatre mois. Les forces ukrainiennes apprennent. Elles s’adaptent. Elles tiennent. Mais Beskrestnov refuse de transformer cette statistique en victoire. Parce qu’en face, ce qui change, ce n’est pas la qualité. C’est le nombre. Et le nombre, à la longue, érode même les meilleures défenses.

Je trouve quelque chose de profondément ukrainien dans cette manière de dire la vérité technique au milieu du chaos, sans la maquiller, sans la dramatiser, comme si la lucidité était devenue une arme à part entière.

La doctrine de la saturation

La tactique décrite par “Flash” n’est pas nouvelle. Elle s’est installée dans la guerre russe contre l’Ukraine depuis l’hiver 2022. Mais elle a évolué. Au début, les frappes massives étaient des événements ponctuels, espacés, calibrés pour des dates symboliques. Aujourd’hui, elles relèvent du rythme. Du métronome. La Russie produit, assemble, lance. Les Shahed iraniens, désormais largement fabriqués sur le sol russe sous les noms de Geran-2, Geran-3 et Geran-4, sont devenus le pilier d’une stratégie de saturation. Le principe est simple. On envoie tellement d’objets volants qu’une partie passera, mathématiquement, à travers les mailles. Les missiles balistiques et de croisière sont ensuite glissés dans le tumulte, profitant de la confusion radar, des angles morts, des batteries occupées ailleurs.

Beskrestnov précise un point essentiel. Cette fois, aucune tentative de guidage des Shahed depuis un poste de commandement n’a été enregistrée. Il suggère prudemment que ce vide pourrait s’expliquer par la concentration géographique du raid sur Kyiv, là où les vagues précédentes visaient l’ouest du pays. Pas de conclusion ferme. Juste une observation. Mais cette observation suggère une chose : la Russie a peut-être délibérément simplifié son protocole, sacrifiant la précision pour maximiser le volume sur une zone unique. Une frappe brute. Un raid d’écrasement. Une démonstration. Pas une opération chirurgicale. Une charge.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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