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GEOPOLITIQUE : Macron dénonce l’Oreshnik et l’impasse de la guerre russe
Crédit: Adobe Stock

Une arme balistique de portée intermédiaire, un outil de chantage

L’Oreshnik n’est pas n’importe quel missile. Présenté officiellement par Vladimir Poutine en novembre 2024, après une première frappe contre la ville ukrainienne de Dnipro, il est décrit par Moscou comme un missile balistique de portée intermédiaire à charges multiples, capable d’atteindre des vitesses hypersoniques sur sa phase terminale. Les analystes occidentaux qui ont examiné les débris et les trajectoires estiment qu’il dérive de programmes russes plus anciens, notamment de la famille RS-26 Roubej, longtemps suspectée de violer le traité FNI de 1987, traité dont la dissolution en 2019 a précisément ouvert la voie au déploiement de ce type d’armement. Sa portée estimée se situe entre 3 000 et 5 500 kilomètres, ce qui place toutes les capitales européennes dans son rayon d’action, de Madrid à Varsovie en passant par Paris, Berlin et Rome. C’est là que réside la véritable charge politique de l’arme : elle ne sert pas seulement à frapper Kyiv. Elle sert à rappeler aux Européens qu’ils sont à portée. Le message est explicite, répété, intentionnel. Chaque tir contre l’Ukraine vaut démonstration adressée à l’OTAN.

L’usage répété de l’Oreshnik pose pourtant une question gênante pour Moscou. Si cette arme est aussi décisive que la propagande russe le prétend, pourquoi la guerre s’enlise-t-elle dans les tranchées du Donbass, dans les ruines d’Avdiïvka, dans les frappes erratiques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes ? Un missile spectaculaire ne remplace pas une percée terrestre. Il ne reconstitue pas un front qui s’effrite. Il ne compense pas les pertes humaines colossales subies par les forces russes, estimées par plusieurs sources occidentales à plus de 700 000 hommes tués ou blessés depuis février 2022. L’Oreshnik est une arme de communication autant que de destruction. Elle frappe peu de cibles, mais elle frappe les esprits. C’est précisément cette dimension que Macron a voulu démonter en une phrase. En requalifiant l’arme en symbole d’impasse, il retire au Kremlin son outil de terreur psychologique. Il transforme la démonstration de force en aveu de faiblesse. La manœuvre rhétorique est habile, et elle s’inscrit dans une stratégie européenne plus large : refuser le cadrage russe, refuser la peur, refuser la résignation.

Ce qui me trouble dans l’Oreshnik, ce n’est pas sa vitesse. C’est sa fonction. Une arme qui sert davantage à parler qu’à vaincre. Une arme-discours. Une arme-menace. Et derrière la menace, ce vide étrange des puissances qui n’arrivent plus à imposer leur volonté autrement qu’en montrant les dents.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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