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GEOPOLITIQUE : Von der Leyen promet de renforcer la défense aérienne ukrainienne après la nuit d’enfer sur Kyiv
Crédit: Adobe Stock

Le Kremlin choisit le moment, encore une fois

Ce n’est pas la première fois que Moscou choisit un moment de fragilité diplomatique pour frapper. Les attaques massives sur les villes ukrainiennes coïncident presque systématiquement avec des phases de discussions internationales sur un éventuel cessez-le-feu, sur les sanctions ou sur la livraison d’armes. Le timing de la nuit du 24 mai n’échappe pas à cette logique. Les chancelleries européennes parlaient encore, quelques heures auparavant, d’un possible cadre de négociations renouvelé. La réponse russe est arrivée par les airs, sous forme de centaines de drones Shahed et de missiles de croisière, accompagnés selon plusieurs sources d’un tir du système Oreshnik sur la région de Kyiv.

Pour les analystes militaires européens, cet usage répété d’armements stratégiques contre des cibles civiles n’a plus rien d’une opération militaire classique. C’est un message politique livré à coups d’explosions. Emmanuel Macron, président français, a réagi en estimant que le recours à l’Oreshnik prouvait l’impasse dans laquelle se trouve la guerre d’agression russe. Le mot est rare dans la bouche d’un chef d’État. Il dit quelque chose de la lassitude européenne face à une stratégie russe qui consiste à brûler des immeubles pour gagner des minutes de visibilité médiatique.

Il y a quelque chose d’obscène dans ce ballet : on négocie le matin, on enterre des civils le soir. Et entre les deux, on parle de réalisme géopolitique. Le réalisme, c’est de regarder un immeuble effondré et de comprendre qu’aucun compromis ne se signe sur ce genre de gravats.

Le coût humain, encore et toujours

Les chiffres remontent au compte-gouttes, comme à chaque attaque. En milieu d’après-midi le 24 mai, le bilan officiel faisait état d’au moins quatre morts et de près de cent blessés, dont 81 dans la seule ville de Kyiv selon les autorités municipales. Le président Volodymyr Zelensky a confirmé que la quasi-totalité des victimes étaient des civils surpris dans leur sommeil. Parmi les bâtiments touchés figurent sept institutions culturelles, plusieurs immeubles d’habitation, et même l’édifice du Cabinet des ministres ukrainien, symbole administratif du pays.

L’ambassade d’Azerbaïdjan a, elle aussi, été endommagée pour la seconde fois en quelques mois, ouvrant un dossier diplomatique délicat. Dans la région de Kyiv, une unité du service ukrainien des urgences (DSNS) a été détruite par un tir de missile direct, tuant des secouristes en plein travail. Ce détail n’est pas anodin. Frapper des pompiers et des sauveteurs en intervention, c’est viser ceux qui empêchent que le bilan ne grimpe encore. C’est, dans la grammaire militaire, un acte d’intention. Un message envoyé non seulement à Kyiv, mais à toute capitale qui prétend encore croire à une désescalade volontaire de la part de Moscou.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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