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TRIBUNE : À ceux qui voulaient sa chute, l’Ukraine ne tombe pas, elle gronde
Crédit: Adobe Stock

Le déluge documenté de l’automne 2025

Les chiffres officiels publiés par l’armée de l’air ukrainienne et relayés par les agences internationales sont vertigineux. Sur les trois derniers mois, la Russie a lancé plus de 5 000 drones Shahed et drones leurres chaque mois, parfois plus de 800 engins en une seule nuit. Le record absolu, atteint le 9 septembre 2025, dépasse les 810 drones et missiles lancés sur une période de vingt-quatre heures. En cumulé depuis le début de l’invasion à grande échelle, on dépasse largement les 50 000 drones Shahed lancés contre les villes ukrainiennes. Cinquante mille. Le mot est court. Le chiffre, lui, est monstrueux. Il signifie cinquante mille fois une sirène. Cinquante mille fois un enfant réveillé. Cinquante mille fois une mère qui descend dans un sous-sol avec un nourrisson dans les bras.

Et pourtant. Pourtant. La défense aérienne ukrainienne intercepte chaque nuit entre 80 et 92 % des engins. Des chiffres validés par l’OTAN, par l’Institute for the Study of War, par les rapports de l’ONU et par les bilans quotidiens publiés par l’état-major ukrainien. Cette performance n’a aucun équivalent historique. Aucune armée n’a jamais subi un pilonnage aérien d’une telle densité sur une telle durée tout en maintenant ses infrastructures vitales, ses hôpitaux, ses écoles, ses centrales et son économie en fonctionnement. Aucune. La Grande-Bretagne sous le Blitz ? Quelques mois. Le Vietnam ? Une autre époque, une autre technologie. L’Ukraine vit ce déluge depuis 1 360 jours. Et elle tient.

J’écris ces lignes en pensant aux opérateurs anti-aériens ukrainiens qui n’ont pas dormi une nuit complète depuis trois ans. Pensez-y une seconde. Trois ans sans une seule nuit pleine. Trois ans à écouter le grondement caractéristique d’un Shahed approcher. Et chaque matin, ils recommencent. Sans gloire. Sans caméra. Sans applaudissements. Juste pour qu’une ville dorme encore.

L’arsenal russe qui s’enraye

Ce que les médias mentionnent peu, c’est la dégradation qualitative de l’arsenal russe. Les missiles Kalibr et Iskander se font rares. Les stocks de missiles de croisière hérités de l’ère soviétique fondent. La Russie est désormais dépendante des composants chinois, des moteurs iraniens, des micropuces achetées via des circuits de contournement en Asie centrale. Chaque lancement coûte cher. Chaque interception ukrainienne coûte moins cher. C’est une équation économique inversée qui ronge progressivement la capacité offensive russe. Un Shahed à 30 000 dollars contre une infrastructure ukrainienne qui se réajuste, se décentralise, s’enterre. La Russie pense user l’Ukraine. C’est elle qui s’use.

Et l’Ukraine a appris. L’Ukraine a fabriqué. L’Ukraine a innové. Plus de 4 millions de drones produits sur le seul territoire ukrainien en 2025, selon les déclarations du président Zelensky en octobre. Une industrie née de rien, dans les caves, dans les ateliers de Lviv, de Dnipro, de Kharkiv. Une industrie qui frappe aujourd’hui les raffineries russes à plus de 1 800 kilomètres de la frontière. Tatarstan. Bachkirie. Saint-Pétersbourg. Moscou. Tout est désormais à portée. La sanctuarisation russe est terminée. Et ça, aucun général du Kremlin ne l’avait prévu.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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