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GEOPOLITIQUE : 11 assauts russes repoussés sur l’axe de Houliaïpole en une seule journée
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi ce secteur compte autant

Houliaïpole n’est pas un nom au hasard. La petite ville, perchée dans le sud-est de l’oblast de Zaporijjia, est un point de passage stratégique entre le Donbass et la côte de la mer d’Azov. Si les forces russes parvenaient à percer ici, elles ouvriraient une voie potentielle vers Zaporijjia, capitale régionale, et menaceraient les arrières ukrainiens jusqu’à Dnipro. C’est pour cela que l’armée russe insiste. Onze attaques en une journée, ce n’est pas une démonstration. C’est une tentative réelle, mesurée, répétée, de fissurer une ligne défensive que les Ukrainiens ont passé deux ans à consolider. Les 56e brigade et plusieurs unités voisines tiennent ce secteur avec une obstination qui force le respect. Les villages cités dans le communiqué — Dobropillia, Nove Zaporijjia, Zlahoda — forment un arc défensif que les artilleurs russes pilonnent à la roquette multiple et à l’artillerie tractée depuis des mois.

La géographie joue contre les défenseurs. Le terrain est plat, ouvert, propice aux blindés et aux drones d’observation. Les champs de tournesols et de blé, célèbres en temps de paix, sont devenus des couloirs d’approche. Les bosquets, rares, sont systématiquement frappés. Et au-dessus de tout cela, le ciel est saturé de drones FPV qui rendent chaque mouvement coûteux. Tenir Houliaïpole, c’est tenir un pilier. Le perdre, ce serait ouvrir une plaie béante. Voilà pourquoi l’État-major ukrainien insiste tant sur ce point dans son bulletin du 25 mai. Voilà pourquoi onze attaques repoussées ne sont pas un détail. C’est une victoire défensive du jour, fragile, qu’il faudra reconquérir demain et après-demain.

Le rôle de l’axe d’Orikhiv et du Dniepr

À quelques dizaines de kilomètres à l’ouest, l’axe d’Orikhiv reste sous tension. Les Russes ont tenté deux progressions dans les zones de Bilohiria et Chtcherbaky. L’un des engagements se poursuit. Sur l’axe du Dniepr, les défenseurs ukrainiens ont stoppé une tentative russe de pousser en direction du pont Antonivsky, près de Kherson, vestige symbolique d’une guerre fluviale qui n’a jamais cessé. Ces trois axes — Houliaïpole, Orikhiv, Dniepr — forment l’arc sud de la défense ukrainienne. Ils sont moins médiatisés que le Donbass, mais ils sont décisifs. Si Moscou rêve encore d’un corridor terrestre continu entre la Crimée et le Donbass, c’est ici qu’il faudrait le creuser. Et c’est ici que les Ukrainiens refusent.

Les bombardements d’artillerie sur les régions frontalières restent quotidiens. Le bulletin mentionne les villages touchés dans l’oblast de Soumy : Sopytch, Novovassylivka, Tovstodoubove, Volfyne, Rohizne, Bouniakine, Oulanove, Malouchyne, Zaritchne. Dans l’oblast de Tchernihiv : Klioussy et Zaritchchia. Ce sont des villages où il n’y a plus de fenêtres entières, où les écoles ont fermé, où les vieillards refusent de partir parce que leurs morts sont enterrés là. La guerre s’est invitée dans la durée. Elle a colonisé la géographie intime de l’Ukraine, jusqu’à des hameaux dont personne n’avait jamais entendu parler avant.

Je pense à ces noms. Tovstodoubove. Bouniakine. Malouchyne. Je les prononce mal, je les écris en hésitant, et pourtant ce sont des lieux où des gens vivent, dorment, prient, attendent. Nommer, c’est déjà résister à l’oubli. C’est la moindre des choses qu’on puisse faire depuis ici.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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