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GEOPOLITIQUE : Taïwan dit ignorer tout retard américain sur les ventes d’armes
Crédit: Adobe Stock

Epic Fury, l’opération qui change toute la logistique américaine

Pour comprendre la déclaration de Hung Cao, il faut revenir à la nature même de l’opération Epic Fury. Cette opération militaire américaine, lancée contre l’Iran dans le cadre d’une escalade régionale au Moyen-Orient, mobilise une partie significative des capacités américaines en munitions de précision, missiles antinavires, intercepteurs et systèmes guidés. Un rapport du Congrès récemment rendu public a chiffré à 42 le nombre d’aéronefs américains perdus ou endommagés dans le cadre de cette opération, ce qui donne une idée de l’intensité du conflit et de l’usure matérielle qu’il engendre. Les forces américaines autour du détroit d’Ormuz ont mené des frappes contre des installations militaires iraniennes et neutralisé des missiles lancés par le Corps des Gardiens de la Révolution Islamique. Cette guerre, qui se déroule à des milliers de kilomètres du détroit de Taïwan, a néanmoins des répercussions directes sur la capacité américaine à honorer ses engagements envers Taipei. Quand un secrétaire à la Marine par intérim explique qu’il faut s’assurer d’avoir suffisamment de munitions pour Epic Fury, il dit en réalité que les arbitrages logistiques mondiaux du Pentagone sont en train de se faire au détriment du flanc Pacifique.

Cette réalité matérielle est connue depuis longtemps par les analystes stratégiques américains. Plusieurs études du Center for Strategic and International Studies ont, ces dernières années, alerté sur la fragilité des stocks américains de munitions critiques en cas de conflit prolongé sur deux théâtres simultanés. La guerre en Ukraine avait déjà mis sous tension certaines chaînes d’approvisionnement, notamment pour les missiles Stinger et Javelin. L’opération Epic Fury contre l’Iran ajoute une couche supplémentaire de contraintes. Hung Cao a précisé que les ventes militaires étrangères reprendront lorsque l’administration le jugera nécessaire, en renvoyant la décision finale au secrétaire à la Défense Pete Hegseth et au secrétaire d’État Marco Rubio. Cette formulation a deux lectures. La première, technique, suggère un simple décalage temporaire. La seconde, politique, ouvre la porte à une lecture beaucoup plus inquiétante pour Taipei : celle d’un usage des ventes d’armes comme levier de négociation avec Pékin.

Il y a quelque chose de profondément troublant à voir une démocratie de premier plan dépendre, pour sa survie militaire, du résultat d’arbitrages comptables faits à Washington entre deux fronts qui ne devraient pas se concurrencer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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