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GEOPOLITIQUE : Moscou menace Kyiv de frappes systématiques, la capitale ukrainienne entre dans une nouvelle phase de terreur
Crédit: Adobe Stock

90 missiles, 600 drones, un Oreshnik

Avant même la publication du communiqué, Moscou avait déjà donné un avant-goût. Dans la nuit du 23 au 24 mai, la Russie a lancé contre l’Ukraine une attaque combinée d’une ampleur rarement vue. Selon l’état-major ukrainien, 90 missiles et 600 drones de différents types ont été tirés en quelques heures, incluant un missile balistique de portée intermédiaire Oreshnik. Le nom de cette arme n’est pas anodin. L’Oreshnik est l’une de ces armes que Moscou exhibe depuis 2024 comme un symbole de sa capacité de frappe stratégique, à la frontière entre la doctrine conventionnelle et la doctrine nucléaire. L’utiliser dans une frappe contre Kyiv, c’est envoyer un message à plusieurs étages. Aux Ukrainiens d’abord. Aux Européens ensuite. À Washington enfin. C’est dire qu’aucune cible n’est hors de portée, qu’aucun seuil n’est intouchable, qu’aucune escalade n’est exclue. Le bilan provisoire est lourd. Quatre personnes tuées dans le pays, près de cent blessés, environ trente immeubles résidentiels endommagés ou détruits dans la seule capitale. Au 25 mai, le bilan révisé fait état de deux morts confirmés et de 91 blessés, dont trois enfants, pour cette seule attaque. Les chiffres bougeront encore. Ils bougent toujours. Chaque heure ajoute un nom, une pierre, un cri.

Ce qui frappe dans ces frappes, c’est leur signature. Les drones ne visent plus seulement les infrastructures énergétiques comme à l’hiver 2022-2023. Ils ciblent désormais le tissu urbain dense, les immeubles d’habitation, les quartiers résidentiels. La logique russe a évolué. On ne cherche plus seulement à plonger un pays dans le noir. On cherche à fissurer la psyché collective d’une capitale. À épuiser ses nerfs. À faire descendre les habitants au sous-sol, nuit après nuit, jusqu’à ce que la fatigue devienne un argument politique. C’est une stratégie ancienne, lourde, sale. Elle a été utilisée par d’autres avant Moscou. Elle ne fonctionne presque jamais à long terme. Elle produit de la rage, pas de la reddition. Mais elle produit aussi des morts, des blessés, des familles brisées, des trajectoires de vie qui s’interrompent à trois heures du matin sous un plafond effondré. Et c’est ce coût humain que le communiqué du 25 mai vient banaliser. Les frappes ne sont plus présentées comme des opérations exceptionnelles. Elles deviennent un programme. Un calendrier. Une routine annoncée. Voilà ce qui change. Voilà ce qui fait basculer cette semaine dans une autre dimension de la guerre.

Je pense à ces trois enfants blessés. À leur âge qu’on ne connaît pas, à leur prénom qui restera peut-être dans une statistique. Je pense à leurs parents qui, ce matin, lisent peut-être ce même communiqué russe en se demandant si on parle déjà de la prochaine nuit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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