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GEOPOLITIQUE : Trump annonce un accord de paix « largement négocié » pour mettre fin à la guerre USA-Iran
Crédit: Adobe Stock

Une guerre courte, brutale, économiquement insoutenable

Pour comprendre la stupéfaction provoquée par l’annonce, il faut revenir en arrière. La guerre américano-iranienne n’a pas duré des années. Elle a duré des semaines. Mais ces semaines ont suffi à faire vaciller l’économie mondiale. Le détroit d’Ormuz, fermé par Téhéran en représailles aux frappes conjointes américano-israéliennes, a paralysé une part massive du commerce énergétique. Les prix à la pompe se sont envolés aux États-Unis, déclenchant une crise politique intérieure que Trump ne pouvait plus ignorer. Les sondages se sont effondrés. La base républicaine, traditionnellement favorable à une posture dure face à l’Iran, a commencé à se fissurer face à l’addition économique. Les démocrates, eux, ont martelé le coût humain et budgétaire d’un conflit ouvert sans stratégie de sortie. Dans ce climat, la diplomatie du téléphone est redevenue une nécessité absolue. Le Pakistan, par la voix du Field Marshal Asim Munir, a joué un rôle clé de canal arrière depuis Islamabad. Une médiation discrète, méthodique, presque invisible, qui a permis de maintenir un fil ouvert entre Washington et Téhéran même au plus fort des frappes.

La séquence a été rythmée par des moments de tension extrême. Une frappe sur une installation nucléaire iranienne. Une riposte balistique sur des bases américaines dans le Golfe. Des cargos immobilisés. Des compagnies aériennes contraintes de dérouter leurs vols. Et, en toile de fond, la menace constante d’une escalade incontrôlable impliquant le Hezbollah, les Houthis, et potentiellement la Russie. C’est dans ce chaudron que les chancelleries du Golfe ont multiplié les initiatives. Riyad et Abou Dhabi, longtemps perçus comme les faucons de la région face à Téhéran, ont basculé. La perspective d’une guerre longue, ruineuse, sur leur propre seuil, les a poussés à pousser Washington vers la table. Mohammed bin Salman et Mohammed bin Zayed ont multiplié les appels. Le Qatar, fidèle à sa tradition de médiation, a hébergé plusieurs réunions techniques. La Turquie d’Erdoğan, l’Égypte de Sissi, la Jordanie d’Abdallah II, Bahreïn, tous se sont alignés sur une logique : éteindre l’incendie avant qu’il ne dévore la maison commune.

Le tournant du 23 mai

Le matin du 23 mai, Trump confiait à Axios que la situation se tenait sur le fil du rasoir. 50/50. Soit un accord favorable, soit une reprise totale des opérations. Le langage était celui du joueur de poker, pas du diplomate. À la Maison-Blanche, une réunion stratégique réunissait Jared Kushner, Steve Witkoff et le vice-président JD Vance pour analyser la dernière contre-proposition iranienne. Ce que contenait exactement ce document reste opaque. Mais ce qui s’est passé ensuite est documenté : une cascade d’appels téléphoniques depuis le Bureau ovale, un par un, à chaque chef d’État de la coalition régionale, suivi d’un échange séparé avec Benjamin Netanyahu pour aligner les objectifs sécuritaires israéliens. À la nuit tombée, le message tombait sur Truth Social. Le pari avait penché du côté de la paix. Pour combien de temps, nul ne le sait encore.

Ce basculement raconte quelque chose de profond sur la mécanique du pouvoir trumpien. Trump n’aime pas les guerres longues. Il aime les victoires annonçables, les deals signables, les photos de poignées de main. La guerre avec l’Iran, économiquement coûteuse, politiquement risquée à l’approche des échéances électorales, ne cochait plus aucune case. La paix, en revanche, offrait tout : la réouverture d’Ormuz, la baisse des prix de l’essence, la posture du faiseur d’histoire, la possibilité d’encadrer l’accord comme une réussite personnelle. La logique transactionnelle a fini par l’emporter sur la logique guerrière. Ce n’est pas un revirement idéologique. C’est un calcul. Et c’est précisément pour cela qu’il pourrait tenir.

Il y a quelque chose de troublant à voir une guerre s’arrêter par calcul plutôt que par conviction. Mais je préfère cent fois une paix transactionnelle à une guerre idéologique. Les morts ne se relèveront pas plus selon la noblesse du motif qui les a tués.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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