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GEOPOLITIQUE : Rubio met la pression sur l’OTAN après le refus des alliés de soutenir Epic Fury
Crédit: Adobe Stock

Une offensive lancée sans consultation

L’opération qui a fracturé l’Alliance s’appelle Operation Epic Fury. Elle a commencé le 28 février 2026, déclenchée par Donald Trump et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, sans concertation préalable avec les capitales européennes. Les alliés ont appris la nouvelle comme on apprend un cambriolage chez le voisin : à la télévision, dans l’urgence, avec ce mélange d’effroi et de colère qu’on réserve aux décisions prises sans nous. Plusieurs gouvernements européens, mis devant le fait accompli, ont refusé l’accès à leurs installations militaires. La logique invoquée fut simple, presque brutale : cette guerre n’est pas la leur. Elle n’a pas été décidée collectivement. Elle ne sera donc pas soutenue collectivement. Pour Washington, ce refus a sonné comme un coup de tonnerre. Pour les Européens, il fut au contraire l’expression d’une souveraineté retrouvée, brutalement, mais retrouvée tout de même.

Le détail logistique a son importance. Rubio l’a rappelé devant les journalistes : la valeur stratégique de l’OTAN, du point de vue américain, repose largement sur les bases avancées mises à disposition par les alliés. Sans ces relais, la projection de force devient lourde, coûteuse, parfois impossible. Lorsque certains de ces points d’appui ferment leurs portes en pleine opération, l’équation change. « Quand certaines de ces bases vous sont refusées pendant un conflit auquel nous participons, vous commencez à vous demander si cette valeur existe encore. » La phrase, dite calmement, est une grenade dégoupillée. Elle ne fait pas seulement le procès d’un refus ponctuel. Elle remet en cause le pacte invisible qui lie depuis 1949 les États-Unis au reste de l’Alliance. Le général américain Michael Kurilla, patron du CENTCOM, a lui-même reconnu mi-mai que la menace militaire iranienne était « diminuée mais pas éliminée ». Autrement dit, la guerre continue. Et les fissures aussi.

Le détroit d’Ormuz, point de bascule

L’autre dossier qui empoisonne les relations transatlantiques porte un nom géographique : le détroit d’Ormuz. Cette langue d’eau étroite, par laquelle transite près du quart du pétrole mondial, est devenue le théâtre d’affrontements répétés. Début mai, les forces américaines y ont neutralisé plusieurs tankers iraniens tentant de forcer le blocus. Washington estime que la réouverture du détroit relève d’un intérêt vital partagé, et donc d’une responsabilité collective. Trump l’a martelé : les alliés auraient dû faire « bien davantage ». Plusieurs capitales européennes répondent que la militarisation d’Ormuz est la conséquence directe d’une guerre qu’elles n’ont pas voulue. Le raisonnement est cruel mais cohérent : on ne demande pas à un voisin de nettoyer un incendie qu’on a soi-même allumé sans le prévenir.

Le bilan humain et matériel de l’opération aggrave encore la défiance. Un rapport du Congrès publié le 22 mai recense 42 aéronefs américains perdus ou endommagés depuis le début d’Epic Fury. Le chiffre est lourd. Il pèse sur les débats internes à Washington autant que sur les conversations à huis clos entre alliés. Chaque appareil détruit devient un argument supplémentaire pour ceux qui, en Europe, refusent de s’engager davantage. Chaque perte devient aussi, paradoxalement, un argument pour Rubio et Trump, qui y voient la preuve que l’OTAN aurait dû partager le fardeau. Deux lectures, deux mondes, une même Alliance prise en étau. Et au milieu, des équipages, des familles, des cercueils ramenés discrètement sur des bases américaines, loin des caméras.

Quarante-deux appareils. Je relis le chiffre. Je le relis encore. Derrière chaque carlingue calcinée, il y a des noms, des promesses non tenues, des dîners de famille où une chaise restera vide. La politique va trier ces morts en arguments. C’est ainsi qu’on transforme un deuil en levier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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