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ANALYSE : Le bilan des pertes russes en Ukraine s’alourdit.
Crédit: Adobe Stock

Trente-cinq assauts pour avancer de trois cents mètres

Trente-cinq assauts. Trente-cinq vagues lancées contre les positions ukrainiennes autour de Pokrovsk. Le gain territorial revendiqué : trois cents mètres.

Le ratio est là, nu, obscène — dix assauts pour cent mètres de terre retournée. Chaque poussée exige des blindés, de l’infanterie débarquée, un appui d’artillerie. Chaque poussée laisse des carcasses et des corps entre les lignes.

Trente-cinq fois, l’ordre est donné. Trente-cinq fois, des groupes d’assaut de huit à douze hommes avancent sous le feu des drones FPV et des positions fortifiées. Trente-cinq fois, les défenseurs ajustent, tirent, tiennent.

Le front ne cède pas — il s’use des deux côtés, mais l’un des deux choisit de payer plus cher. Et le lendemain recommence. L’indignation, ici, n’a pas de mots assez secs.

Les familles des soldats russes envoyés dans ce secteur ne sauront pas combien d’assauts il a fallu pour prendre un champ que personne ne peut nommer sur une carte. Elles sauront que le téléphone a cessé de sonner.

Trois cents mètres. Le prix d’un terrain de football. Payé en vies que personne, à Moscou, ne compte à voix haute.

L’attrition crue : envoyer des hommes, les perdre, recommencer

Le chiffre publié par l’état-major ukrainien pour ces vingt-quatre heures : 1 010 pertes russes — tués, blessés, disparus confondus dans une même ligne comptable. Une ligne. Mille dix existences pliées dedans.

Vladimir Poutine n’a jamais commenté publiquement ces bilans quotidiens. Le ministère russe de la Défense, dirigé par Andreï Belooussov depuis mai 2024, ne publie aucun décompte contradictoire. L’absence de mots tient lieu de politique. Cette impunité comptable est un scandale en soi.

Ils tombent. Conscrits mobilisés depuis les régions pauvres de Sibérie et du Caucase. Contractuels recrutés avec des primes de 195 000 roubles. Anciens détenus dont le contrat avec le groupe Wagner ou ses successeurs expire dans un cercueil.

Ils tombent parce que la doctrine russe dans ce secteur reste inchangée : saturer par le nombre, accepter les pertes, remplacer, relancer. Ils tombent — et d’autres arrivent. Le mécanisme ne repose ni sur la stratégie ni sur la surprise.

Il repose sur la capacité démographique d’un pays de 144 millions d’habitants à absorber l’hémorragie sans que la société civile ne se retourne.

Tant que les cercueils rentrent sans bruit dans les oblasts périphériques, la machine tourne. Une trahison froide, méthodique, des siens par les leurs.

On fixe ce chiffre — 1 010 — comme on fixe un compteur kilométrique. Il avance. Personne ne sait plus depuis quand. On sait seulement qu’il ne s’arrête pas, et que derrière chaque unité ajoutée, quelqu’un a cessé d’exister.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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