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GEOPOLITIQUE : drone russe à Galați, Bucarest refuse de valider la thèse présidentielle
Crédit: Adobe Stock

Une frappe qui n’est plus une simple « chute de débris »

Dans la nuit du 28 au 29 mai, un drone d’attaque russe de type Geran-2 s’est écrasé sur le sommet d’un immeuble résidentiel de Galați, ville portuaire du sud-est de la Roumanie, sur le Danube. L’engin a percé la toiture, explosé, déclenché un incendie dans le couloir d’un appartement du dernier étage. Deux résidents ont été blessés. Le bâtiment n’a pas été pulvérisé par miracle, par chance, par la grâce d’une charge mal positionnée. Pas par la défense antiaérienne roumaine. Pas par un dispositif allié. Par la chance, simplement.

C’est, à ce jour, l’incident le plus grave impliquant un drone russe entré dans l’espace aérien roumain ou moldave depuis le début de la guerre. Jusque-là, Bucarest gérait des fragments tombés dans des champs, des morceaux retrouvés dans des zones agricoles du delta du Danube, des cratères loin des habitations. La frontière entre incident technique et acte de guerre tenait, à peine, mais elle tenait. À Galați, cette frontière a sauté en même temps que la toiture. Le pays a vu, en direct, ce que vivent les Ukrainiens depuis près de quatre ans : un drone, un toit, un feu, un couloir.

Le ministère roumain de la Défense a confirmé dès le matin la nature de l’engin. Geran-2. Drone iranien produit sous licence russe, désormais fabriqué en série dans l’usine d’Alabouga, au Tatarstan. Un appareil conçu pour parcourir des centaines de kilomètres et frapper en saturation. Pas un objet égaré. Un système. Une chaîne industrielle. Une intention.

Une trajectoire vue, suivie, mais pas arrêtée

Le ministre Miruță l’a dit en termes clairs : les radars roumains ont vu le drone arriver. « Nous avons vu sa trajectoire sur nos radars. Nous l’avons vu approcher depuis la mer Noire, traverser le Danube, entrer dans l’espace aérien roumain et tomber à Galați. » Cette phrase, en apparence technique, est en réalité un aveu redoutable. La Roumanie a observé un engin militaire hostile pénétrer son territoire et n’a pas pu, ou pas voulu, l’intercepter avant qu’il ne s’écrase sur des civils. Il faudra, un jour, expliquer pourquoi.

La question dépasse Galați. Elle interroge l’architecture de défense aérienne sur le flanc est de l’OTAN. Elle interroge les règles d’engagement, la coordination avec les avions alliés en patrouille, la rapidité d’alerte, la couverture radar basse altitude. Un Geran-2 vole lentement, vole bas, sonne comme une tondeuse mécanique. Il n’a rien d’un missile furtif. Il est censé être la cible la plus simple d’une défense moderne. Et pourtant, il a traversé.

Je l’écris sans plaisir : un pays de l’OTAN qui regarde passer un drone russe sur ses radars sans le neutraliser, ce n’est plus une anomalie isolée. C’est un symptôme.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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