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REPORTAGE : Frappes américaines sur Qeshm et Goruk, le Koweït visé par missiles et drones
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi frapper ici, et pourquoi maintenant

Qeshm n’est pas un point quelconque sur une carte. C’est une clé géopolitique. L’île commande l’approche nord du détroit d’Ormuz, ce goulot d’étranglement par lequel transitent chaque jour près de vingt millions de barils de pétrole brut. Frapper Qeshm, c’est envoyer un message qui dépasse de très loin le simple périmètre militaire. C’est dire à Téhéran que le sanctuaire est devenu accessible. C’est dire aux marchés mondiaux que le calme énergétique peut basculer en quelques heures. C’est dire aux alliés régionaux que la dissuasion américaine est encore vivante. Le choix du moment n’a rien d’un hasard. Les négociations engagées il y a quelques semaines sur une proposition de soixante jours patinaient. L’Iran avait laissé entendre que le dialogue continuait, sans concession majeure. Les frappes de cette nuit ressemblent à une gifle diplomatique, un coup de force destiné à forcer un repositionnement à la table. Mais l’histoire récente prouve que ce type de coup produit rarement l’effet recherché. Il endurcit. Il radicalise. Il alimente la spirale qu’il prétendait briser.

Sur Qeshm, la population civile vit aujourd’hui dans une peur sourde. L’île abrite des installations militaires, oui, mais aussi des zones franches commerciales, des ports de pêche, des villages entiers où les enfants courent encore entre les filets séchant au soleil. Les frappes, aussi ciblées soient-elles, déposent toujours leur poussière sur des vies anonymes. Goruk, base militaire isolée dans le Sistan-et-Baloutchistan iranien, a une autre fonction : elle servait, selon plusieurs sources de renseignement, de point de coordination pour des opérations de drones vers le théâtre yéménite et au-delà. L’effacer, c’est tenter de couper une artère logistique. Mais les artères, en matière militaire, ont une étrange capacité à se reformer ailleurs. L’Iran ne disparaîtra pas de la carte parce qu’on lui a soufflé deux bougies. La logique de représailles est déjà en marche, et le silence relatif de Téhéran cette matinée ne doit pas tromper. Quand l’Iran prépare une réponse, il prend son temps. Et il frappe là où on l’attend le moins.

Je repense à ces pêcheurs de Qeshm que j’ai vus en reportage il y a quelques années, des hommes simples qui réparaient leurs barques au crépuscule. Ils ne savaient rien des grandes manœuvres. Ils ne savent rien davantage aujourd’hui. Sauf que le ciel, désormais, ne leur appartient plus.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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