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BILLET : la Chine n’a pas pressé, elle a simplement attendu
Crédit: Adobe Stock

Le prix que nous refusons de payer

Pensons à la Grande Muraille. Pas à la carte postale, pas à la photo touristique, pas au symbole abstrait. Pensons aux ouvriers. Pensons à ces générations entières d’hommes envoyés mourir dans le froid, dans la pierre, dans la boue. Pensons aux corps ensevelis dans les fondations, selon certaines traditions. Pensons aux invasions qui se sont succédé pendant la construction, aux destructions partielles, aux reconstructions obstinées sur des siècles. La muraille n’a pas été un projet. Elle a été une obsession civilisationnelle. Et elle a fini par protéger ce qu’elle devait protéger, au prix d’une dureté que nous ne sommes plus capables, nous, d’envisager pour quoi que ce soit.

Cette dureté n’a pas disparu. Elle s’est transformée. Elle s’investit aujourd’hui dans des barrages géants, dans des villes nouvelles construites en cinq ans, dans des lignes à grande vitesse qui couvrent le territoire en une décennie, dans des chantiers navals qui sortent un destroyer presque tous les mois. Le Chinois moyen accepte un niveau de contrainte collective, de planification autoritaire et de sacrifice individuel que l’Occidental moyen rejetterait avec horreur. Ce n’est pas un jugement. C’est une donnée anthropologique. Et cette donnée pèse, lourdement, dans la balance stratégique du siècle.

Je ne souhaite à personne de vivre sous un régime qui exige ces sacrifices. Mais je note, avec une lucidité douloureuse, que face à un adversaire qui les obtient de sa population, nos sociétés du confort vont devoir trouver autre chose que des slogans publicitaires pour défendre ce qu’elles disent aimer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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