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ANALYSE: 1569 jours de conflit Russie-Ukraine – Les pertes militaires russes en territoire ukrainien
Crédit: Adobe Stock

Vagues d’assaut: 80 hommes tombent pour dix mètres de boue

Quatre-vingts hommes tombés en quatre heures pour huit mètres de boue labourée, des ordres lancés depuis un bureau au plancher sec pendant que les veuves d’Omsk attendent des nouvelles que Moscou n’enverra jamais — et voilà la vérité nue après 1 569 jours de cette guerre: pour les puissants, un soldat n’a jamais été un homme, seulement un chiffre qu’on efface.

L’engrenage se sent avant de se comprendre. L’ordre vient de loin, d’un bureau où le sol est sec — celui de Valeri Guerassimov, chef d’état-major, qui signe les assauts qu’il ne verra jamais.

On lance un bataillon contre une position tenue par une compagnie. On perd les deux tiers en quatre heures. On gagne huit mètres de terrain labouré par les obus.

Quatre-vingts hommes pour que le drapeau change de main sur un tas de boue. Voilà le taux de change fixé par le Kremlin. Voilà ce que vaut une vie russe au cours officiel de cette guerre.

Le ministère de la Défense d’Andreï Belooussov, à Moscou, n’enregistre rien. La veuve, à Omsk, n’apprend rien.

Elle n’a même pas droit à un nom dans un registre — et cette absence de nom n’est pas un oubli, c’est une politique.

Chaque vague remplace la précédente. Chaque corps piétiné devient le plancher de la suivante. Une armée qui marche sur ses propres morts ne recule plus: elle s’enterre en avançant.

80 hommes. Huit mètres. Faites le calcul vous-même: dix hommes par mètre de boue. C’est un affront fait aux vivants autant qu’aux morts.

150 000 soldats en douze mois: Dunkerque rayée sans un nom

On a peine à calculer ce que 150 000 corps représentent, empilés en une seule année, comme si la mort elle-même n’avait plus le temps de compter.

On a peine à imaginer la ligne de front qui avale un bataillon par jour, qui broie des hommes par vagues, qui piétine leurs corps sans ralentir.

Et le regard d’une mère qui ne sait pas où son fils est tombé, parce que Moscou n’a jamais daigné le dire — qui ose le soutenir?

150 000 soldats en douze mois. Posez la division: plus de 400 hommes par jour. Dix-sept par heure. Un toutes les trois minutes et demie, jour et nuit, sans pause, pendant un an.

Pendant que vous lisez ce paragraphe, le compteur a tourné.

C’est la population d’une ville entière, rayée de la carte, sans un nom dans les journaux russes.

Un bataillon complet qui disparaît chaque jour dans la boue ukrainienne, et le Kremlin persiste à parler d’« opération spéciale » — trois syllabes pour maquiller un charnier.

Douze mois. Dunkerque. Rouen. Limoges. Toutes effacées de l’existence, sans une notice nécrologique, sans une pension, sans un drapeau plié remis à une veuve.

La trahison n’est pas seulement de les avoir envoyés mourir: c’est de nier qu’ils aient jamais existé.

Et pendant ce temps, dans les studios de Moscou, les généraux en uniforme repassé expliquent que « tout va selon le plan ».

Le plan, c’est ça: 150 000 hommes qui ne reviendront jamais, et personne pour leur rendre hommage.

Je n’arrive pas à écrire ce chiffre sans m’arrêter — parce qu’un chiffre pareil, on ne le lit pas, on s’y heurte.

Le silence de Vladimir Poutine sur ce bilan est la seule réponse qu’il leur a jamais accordée. Un silence qui pèse plus lourd que tous les chars qu’il a envoyés au front.

Un silence qui est, en soi, l’aveu.

Après 1 569 jours de guerre entre la Russie et l’Ukraine, les pertes russes ne sont plus une statistique militaire: elles sont la dette d’un homme envers un peuple entier — une dette que le Kremlin a décidé, jour après jour, de ne jamais payer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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