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REPORTAGE : la Russie perd 1 310 soldats, 6 chars et 2 120 drones en vingt-quatre heures
Crédit: Adobe Stock

Les chars T-72 du 90e régiment de la Garde: des noms que personne ne retient

Il faut un nom pour chaque destruction pour que la honte nous traverse encore.

Imaginez les gars de Barnaoul, de Saratov, de l’Oural, aux commandes de ces T-72 — parce que sans nom, ce ne sont que des coques trouées.

Nous ne saurons jamais qui ils étaient. Le ministère ukrainien fournit la provenance, pas les visages. Et cela nous arrange.

Six chars de moins. Dix véhicules blindés en moins. Treize cent dix soldats en moins.

Personne n’a appelé leur mère.

72 heures sans nouvelles — Barnaoul, Omsk, Novossibirsk attendent des cercueils

Honte: on cherche leur nom en vain dans le communiqué. 1 310 soldats, six chars, deux mille drones — et nous, on défile déjà vers les publicités de mercredi.

Le ministère ukrainien a compté; les mères, elles, comptent encore les jours sans appel.

Honte: le même pouce qui fait glisser l’écran efface un homme qui avait peut-être un enfant, un jardin, une date d’anniversaire cochée sur le frigo.

On lit 1 310 comme on lit une température extérieure. Froid. Loin. Indigeste.

Honte: promettre qu’on ne s’habituerait pas, puis bouffer son œuf brouillé devant le bilan du jour.

Six chars T-72 du 90e régiment de la Garde réduits en ferraille en une seule journée, avec à leur bord des gars de Barnaoul, de Saratov, de l’Oural dont nous ne connaîtrons pas les noms — le ministère ukrainien fournit la provenance, jamais les visages, et au fond ça nous arrange.

Il est tellement plus facile de compter des coques trouées que de pleurer des hommes. La guerre transforme les fils en statistiques; notre indifférence fait le reste.

C’est notre guerre aussi — contre notre propre anesthésie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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