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OPINION – commandites, perquisitions et coffres remplis: l’héritage qui colle au plq
Crédit: Adobe Stock

Je veux être d’une honnêteté absolue, parce que je déteste la malhonnêteté intellectuelle. Le Parti libéral du Canada et le Parti libéral du Québec sont deux entités distinctes. Juridiquement séparées. Organisationnellement séparées. Je ne les confonds pas, et je n’invente aucun lien organique entre les deux. Mais il existe quelque chose qu’aucune cloison administrative ne peut effacer. Une culture. Une manière de concevoir le rapport entre le pouvoir, l’argent et l’influence. Et cette culture, je la vois traverser les frontières du fédéral au provincial, comme une rivière souterraine. Au fédéral, ce fut les commandites. Au provincial, ce furent les perquisitions, les enquêtes sur le financement, l’argentier scruté. Encore une fois, ce ne sont pas les mêmes personnes. Ce ne sont pas les mêmes faits. Mais c’est le même réflexe qui m’inquiète. Le réflexe de penser que les règles, c’est pour les autres. Le réflexe de croire que la fin justifie les moyens quand il s’agit de garder le pouvoir ou de battre l’adversaire souverainiste. Ce réflexe, je le sens. Je le devine. Et il me glace. Parce qu’il révèle une mentalité qui place la conquête du pouvoir au-dessus du respect des règles communes. Et ça, pour une démocratie, c’est un poison lent.

deux partis distincts, une même obsession du pouvoir

Soyons rigoureux sur la distinction, car elle est essentielle. Le Parti libéral du Canada, éclaboussé par les commandites, et le Parti libéral du Québec, visé par l’UPAC, sont deux organisations indépendantes. Je n’affirme aucune complicité structurelle entre elles. Ce serait inventer, et je ne le ferai pas. Mais l’analyse politique permet de relever des parentés idéologiques et culturelles. Les deux formations partagent une racine fédéraliste. Les deux ont historiquement incarné le camp du Non lors des grands débats sur l’avenir du Québec. Et les deux, à des époques et de manières différentes, ont vu leur rapport au financement devenir l’objet d’enquêtes ou de scandales majeurs. Au fédéral, la commission Gomery. Au provincial, les enquêtes de l’UPAC sur le financement et certaines figures du parti. Tracer ce parallèle, ce n’est pas accuser. C’est observer une récurrence thématique. Le thème de l’argent. Le thème du financement. Le thème de la frontière floue entre les fonds et la politique. Quand un même thème revient hanter deux branches d’une même grande famille idéologique, à des paliers différents, le citoyen attentif a le droit de s’interroger sur la culture qui sous-tend tout cela. Pas sur des individus précis. Sur une mentalité collective. Sur une façon d’exercer le pouvoir.

l’argentier, ce personnage clé qu’on oublie trop vite

Au cœur de toute machine politique se trouve un personnage souvent invisible du grand public, mais absolument déterminant: l’argentier. Celui qui récolte les fonds. Celui qui remplit les coffres. Dans le cas du PLQ, le nom de Marc Bibeau revient comme une figure centrale du financement durant les années 2000. Les documents d’enquête révélés dans les médias ont indiqué qu’il était visé pour des allégations de fraude envers le gouvernement, d’abus de confiance et de contributions politiques illégales. L’ancien premier ministre Jean Charest a lui aussi été scruté dans ce contexte. Je rappelle, parce que la loyauté envers les faits l’exige, que ces enquêtes n’ont pas toutes débouché sur des accusations, et que la présomption d’innocence demeure. Mais ce qui m’interpelle, c’est la fonction. Un argentier, ce n’est pas un figurant. C’est celui qui tient le robinet. Et quand le robinet d’un parti devient l’objet d’une enquête criminelle pour financement illégal présumé, on touche au cœur de la légitimité démocratique de cette formation. Cela rejoint, par-delà les décennies et les paliers, la logique profonde du scandale des commandites: l’argent, encore l’argent, toujours l’argent, et la tentation de le faire circuler en marge des règles pour servir des fins politiques. Voilà le fil rouge que je refuse de lâcher.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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