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ENQUÊTE : La licence qui arme l’Ukraine — pourquoi le G7 autorise Kyiv à fabriquer ses propres missiles
Crédit: Adobe Stock

La triple tension sur les missiles d’interception

Pour comprendre pourquoi les licences de production sont devenues une nécessité existentielle pour l’Ukraine, il faut comprendre la triple tension qui s’exerce sur les stocks de missiles d’interception alliés en juin 2026. Premier facteur : la consommation ukrainienne. L’Ukraine utilise environ 60 missiles Patriot PAC-3 par mois pour défendre ses villes contre les attaques balistiques russes. Sur quatre ans, cela représente quelque 2 880 missiles. Les stocks globaux alliés, déjà étirés avant la guerre, ont été massivement sollicités.

Deuxième facteur : la guerre en Iran. Depuis l’entrée en guerre directe des États-Unis contre l’Iran il y a quinze semaines, les lignes de production américaines de missiles de défense aérienne — Patriot PAC-3 MSE, SM-3, THAAD — tournent en priorité pour les forces américaines et leurs alliés régionaux. Les allocations vers l’Europe et l’Ukraine sont mécaniquement réduites. Troisième facteur : la demande européenne propre. Depuis 2022, les pays européens de l’OTAN ont massivement commandé des systèmes Patriot pour leurs propres défenses — Pologne, Allemagne, Pays-Bas, Suède. Ces commandes mobilisent les mêmes usines Raytheon déjà surchargées.

Les promesses retirées et la méfiance ukrainienne

L’histoire des demandes ukrainiennes de licences est marquée par une déception fondatrice. Avant 2024, des responsables américains avaient évoqué en privé la possibilité d’accorder à des partenaires européens des licences pour produire des missiles Patriot. Ces discussions ont finalement été enterrées sous la pression de Raytheon et d’autres intérêts industriels américains qui ne souhaitaient pas voir émerger des concurrents sous licence. Zelensky l’a rappelé à Évian : «Les États-Unis avaient un jour promis à l’Europe le droit de fabriquer des missiles Patriot, puis ils ont retiré cette offre.» Cette mémoire institutionnelle explique la prudence de sa formulation — «j’espère que positif signifie oui» — plutôt qu’une certitude.

C’est aussi pourquoi Zelensky ne mise pas uniquement sur les licences américaines. Parallèlement à la demande de licences Patriot, l’Ukraine développe avec ses partenaires européens des systèmes propres — le projet Freyja avec l’Allemagne, les améliorations du SAMP/T avec la France et l’Italie — qui ne dépendent pas du bon vouloir de Washington. Cette diversification est la leçon stratégique centrale tirée de quatre ans de dépendance trop exclusive.

Cette histoire des licences retirées me révolte. Des entreprises de défense qui bloquent un transfert technologique vers un pays en guerre pour protéger leurs parts de marché — c’est la pire face du capitalisme industriel militaire. Je comprends les logiques commerciales. Je les refuse dans ce contexte. Les profits de Raytheon ne valent pas les vies perdues à Kyiv faute de missiles d’interception. Cette équation-là est simple et brutale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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