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ESSAI : 200 gamins russes de 18 ans dans des cercueils — la jeunesse sacrifiée par Poutine
Crédit: Adobe Stock

Compter les morts que la Russie veut cacher

La base de données compilée par BBC Russian et Mediazona, avec l’aide d’une équipe de volontaires, est le résultat d’un travail journalistique d’une ampleur exceptionnelle. Les chercheurs s’appuient sur des données publiques : nécrologies locales, annonces officielles régionales, publications sur les réseaux sociaux, registres de cimetières et mémoriaux nouvellement apparus. Chaque entrée dans la base de données correspond à un nom identifié, une mort confirmée. Au 12 juin 2026 : 226 055 noms.

Mais ce chiffre représente seulement une fraction du total réel. Les analystes estiment que la base de données ne capte qu’une partie des pertes effectives. Selon leurs propres projections, le bilan réel des morts russes en Ukraine pourrait se situer entre 347 000 et 502 000 en comptant les données incomplètes et les morts non rapportés. Meduza et Mediazona avaient estimé séparément, en mai 2026, que 352 000 hommes russes âgés de 18 à 59 ans avaient été tués depuis le début de l’invasion à grande échelle. Ces projections convergentes donnent une image de l’ampleur du désastre démographique russe que Poutine dissimule à sa propre population.

Les 18 ans : premier de la cohorte 2008

L’identification d’Alisher Svirin comme premier soldat né en 2008 à figurer dans la base de données constitue un seuil symbolique et historique d’une gravité particulière. Ces jeunes nés en 2008 avaient 15 ou 16 ans quand Poutine a lancé son invasion à grande échelle en février 2022. Ils ont regardé la guerre se dérouler depuis leurs salles de classe, formés par une propagande d’État qui leur présentait une opération militaire spéciale, une dénazification, une libération. Certains d’entre eux ont cru à ce récit. Certains ont signé un contrat dès leur majorité. Et certains sont morts en Ukraine quelques semaines ou mois après avoir mis leur uniforme.

Au-delà d’Alisher Svirin, l’enquête BBC-Mediazona a identifié plus de 200 soldats de 18 ans parmi les morts confirmés. Plus d’une moitié des morts confirmés provient désormais de volontaires sous contrat, de mobilisés et d’anciens prisonniers recrutés dans les colonies pénales — reflétant la dépendance de la Russie à des pipelines de force à formation courte pour les déploiements en première ligne. Cette donnée structurelle dit quelque chose d’essentiel sur l’état de l’armée russe en 2026 : elle fonctionne en brûlant du combustible humain à une vitesse que la démographie russe ne peut pas durablement soutenir.

Ce que cette base de données représente — ce travail de volontaires qui cherchent les noms des morts dans les nécrologies locales russes, les publications Facebook de familles dévastées, les pierres tombales nouvellement érigées — m’émeut profondément. C’est un acte de résistance contre l’effacement. La Russie veut que ses morts disparaissent dans l’anonymat statistique. Ces journalistes et volontaires refusent cela. Ils donnent un nom à chaque mort. C’est une forme de justice minimale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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