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TÉMOIGNAGE : Dnipro sous les bombes — la maison de la musique d’orgue éventrée par Poutine
Crédit: Adobe Stock

611 drones et la Laure de Petchersk en feu

La frappe sur la Maison de la musique d’orgue n’était qu’une pièce dans un puzzle de destruction absolument hors norme. Dans la nuit du 14 au 15 juin, la Russie a lancé sur l’Ukraine 611 drones kamikazes, six missiles Zirkon anti-navires, 34 missiles balistiques Iskander-M et S-400, et 30 missiles de croisière Kh-101 et Iskander-K. Kyiv était la cible principale. La Laure de Petchersk, monastère fondé au XIe siècle, l’un des sites religieux les plus sacrés d’Ukraine, a pris feu. Les forces de secours ont maîtrisé l’incendie avant que la cathédrale principale ne soit détruite, mais le symbole était sans équivoque.

Les forces de défense aérienne ukrainiennes ont intercepté 632 menaces cette nuit-là, soit 50 missiles et 582 drones. Mais 20 missiles balistiques et 27 drones d’attaque ont tout de même frappé 42 endroits différents. À Kyiv : cinq morts et 35 blessés dont deux enfants. À Kharkiv, cinq travailleurs de secours ont été tués alors qu’ils répondaient à une première frappe. Le président Zelenskyy a chiffré le bilan national à 11 morts et 53 blessés. À Dnipro, au moins une personne blessée, la Maison de la musique d’orgue endommagée, un collège partiellement détruit. Une école touchée. Un patrimoine irremplaçable écorné.

La stratégie du choc culturel

Ce n’est pas une coïncidence. Le procureur général d’Ukraine, Andriy Kostin, a rappelé que la Russie a endommagé ou détruit près de 2 000 sites du patrimoine culturel ukrainien depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. L’orgue de Dnipro figure dans une liste macabre aux côtés de la cathédrale de la Transfiguration à Odessa, du musée Hryhorii Skovoroda dans l’oblast de Kharkiv, du Studio national de cinéma Oleksandr Dovzhenko à Kyiv — dont l’entrepôt de costumes contenant 100 000 pièces et trois millions d’articles vestimentaires a brûlé dans la même nuit du 15 juin. Kostin a qualifié l’attaque sur la Laure de « effacement délibéré », groupant toutes ces frappes dans une catégorie distincte de crime de guerre.

L’Institut pour l’étude de la guerre a été encore plus direct dans son analyse : les forces russes ont intégré le ciblage délibéré des civils dans leurs opérations de drones dans le sud de l’Ukraine. Ce n’est pas un effet collatéral. C’est une doctrine. Les Nations Unies ont confirmé ce schéma comme constitutif de crimes contre l’humanité, avec une responsabilité de commandement tracée jusqu’au Kremlin. Autrement dit, Poutine sait. Poutine approuve. Poutine ordonne.

J’ai lu et relu l’expression de l’ISW sur le « ciblage délibéré des civils intégré dans les opérations ». Cette formulation froide, académique, cache quelque chose d’horrible : une armée qui planifie méthodiquement de terroriser des populations. Ce n’est plus de la guerre. C’est un programme de destruction culturelle et humaine. Et chaque fois qu’un leader occidental hésite à envoyer plus d’armements, il devient involontairement complice de cette doctrine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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