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ANALYSE : Baltique, la marine russe joue à découvert — et l’OTAN serre les dents
Crédit: Adobe Stock

Plus de 700 pétroliers pour financer la guerre

La flotte fantôme russe n’est pas un phénomène nouveau, mais son ampleur et son audace ont atteint en 2026 des niveaux sans précédent. Le ministère britannique de la Défense a confirmé que cette flotte compte désormais plus de 700 navires et est responsable du transport de 75 % du pétrole russe sanctionné. Ces pétroliers — souvent immatriculés sous des pavillons de complaisance, aux Comores, au Cameroun, à Madagascar, à Bénin — permettent au Kremlin d’exporter ses hydrocarbures en contournant les sanctions occidentales et d’alimenter sa machine de guerre en Ukraine. La NATO Deputy Secretary General Radmila Shekerinska l’a formulé sans détour lors d’un symposium à l’OTAN en mars 2026 : « La flotte fantôme finance la machine de guerre de Poutine et l’aide à reconstruire ses forces. »

Le 17 mars 2026, l’OTAN a organisé à Bruxelles un symposium dédié à la flotte fantôme, réunissant hauts fonctionnaires, experts et praticiens des pays alliés. Les discussions ont porté sur les mises à jour légales et opérationnelles du Commandement allié des opérations, ainsi que sur la coopération avec le Service européen d’action extérieure. Le message était univoque : la flotte fantôme est une menace pour l’environnement marin, pour la sécurité maritime générale, et pour la capacité de financement de la guerre russe. Elle est devenue une cible stratégique de l’Alliance.

AIS falsifié, double identité, reflagage permanent

La sophistication des techniques d’évasion est redoutable. Le spoofing — le détournement du signal AIS que tout navire doit émettre pour assurer sa sécurité en mer — est devenu, selon Norlén, « la base ». Les pétroliers changent de nom, de pavillon, de société de gestion à une cadence industrielle. Le pétrolier Smyrtos, arraisonné par les Royal Marines dans la Manche le 14 juin 2026, s’appelait auparavant Myrtos, battait un pavillon camerounais, avait changé de pavillon à deux reprises depuis sa mise sous sanctions en juillet 2025 et était enregistré auprès d’une société basée à Hong Kong. Il avait quitté le port russe d’Ust-Luga — sur la côte baltique — le 5 juin 2026. Ce profil est celui de dizaines d’autres pétroliers actifs dans les eaux baltiques chaque semaine.

Les données de la Danish Maritime Authority sont éloquentes : en 2025, pas moins de 292 voyages de pétroliers de la flotte fantôme sanctionnés ont transité dans les eaux danoises — soit quasiment un par jour. La mer Baltique est devenue le corridor principal de l’économie de guerre russe. Ce couloir maritime, que Moscou entend désormais protéger militairement à ciel ouvert, est la raison fondamentale pour laquelle la tension monte.

Il y a quelque chose d’absolument stupéfiant dans ce chiffre : 292 pétroliers de la flotte fantôme en eaux danoises en un an. Presque un par jour. Pendant que les gouvernements occidentaux se réunissaient, déclaraient, débattaient. Je ne dis pas que la diplomatie ne sert à rien — elle sert. Mais on a laissé s’installer un fait accompli. La flotte fantôme a transformé la Baltique en autoroute du pétrole de guerre, et on a trop longtemps regardé passer les camions.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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