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ANALYSE : L’Ukraine forge ses propres missiles — le tournant industriel du 18 juin 2026
Crédit: Adobe Stock

Dépendre des livraisons, c’est dépendre des volontés politiques

Depuis 2022, l’Ukraine est en état de dépendance structurelle vis-à-vis de ses alliés pour les munitions les plus critiques. Cette dépendance n’est pas seulement logistique — elle est politique. Chaque livraison de PAC-3 ou de SAMP/T est soumise aux humeurs des capitales, aux arbitrages budgétaires, aux contraintes légales d’exportation américaines et aux négociations interminables sur les « plafonds » à ne pas franchir. L’Ukraine subit depuis quatre ans les conséquences de chaque hésitation occidentale dans sa chair civile.

La licence de fabrication briserait ce lien de dépendance absolue. Si des entreprises ukrainiennes — publiques ou privées — peuvent reproduire légalement des intercepteurs PAC-3 ou des composants de systèmes équivalents sur leur propre sol, la cadence de production ne serait plus tributaire des stocks de Fort Bliss ou des décisions du Congrès américain. C’est une transformation qualitative de la posture de défense ukrainienne. L’Ukraine ne serait plus seulement un utilisateur de technologie occidentale : elle en deviendrait un co-producteur légitime, inscrit dans la chaîne industrielle de l’Alliance.

L’exemple allemand comme précédent et comme levier

Ce n’est pas une idée abstraite. L’Allemagne détient déjà des licences partielles pour la production de composants Patriot. Zelensky a cité ce précédent explicitement lors de son intervention sur CBS le 31 mai 2026, demandant une extension similaire à l’Ukraine. Les entreprises ukrainiennes de défense, forgées au feu de quatre années de guerre intensive, ont développé des capacités d’ingénierie, de production et d’adaptation que beaucoup d’acteurs occidentaux leur reconnaissent désormais ouvertement. L’accord MBDA-Ukrainska Bronetekhnika signé à Berlin en juin, couvrant les capacités de frappe en profondeur et les systèmes anti-drones, illustre que cette intégration industrielle est déjà en marche.

Le ministre de la Défense ukrainien Mykhailo Fedorov a demandé lors du Ramstein du 18 juin 20 milliards de dollars supplémentaires en aide militaire. Mais au-delà de la demande financière, c’est la demande de transfert technologique qui structurait son agenda diplomatique à Bruxelles. Produire sous licence, c’est aussi constituer un capital industriel qui survivra à la guerre — un socle pour l’industrie de défense ukrainienne du XXIe siècle.


Il y a quelque chose de profondément logique dans cette trajectoire, et je m’étonne que l’Occident ait mis si longtemps à l’accepter. On a armé l’Ukraine pour qu’elle se batte. On lui a donné les outils. Mais on lui a refusé les plans. C’est comme donner à quelqu’un une voiture de course mais interdire à ses mécaniciens de regarder sous le capot. L’Ukraine a prouvé, année après année, qu’elle était le partenaire industriel le plus motivé et le plus capable de la défense occidentale. Il était temps.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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