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ANALYSE : Pékin, l’accord US-Iran et le grand calcul taïwanais — ce que l’ISW révèle
Crédit: Adobe Stock

Une diplomatie de façade méticuleusement orchestrée

Le 15 juin 2026, le porte-parole Lin Jian déclare que la Chine salue le mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran sur la cessation des opérations militaires et la réouverture du détroit d’Ormuz. Lin affirme que la RPC a œuvré « inlassablement » pour mettre fin aux combats et met en avant la proposition en quatre points de Xi Jinping — coexistence pacifique, souveraineté nationale, état de droit international, coordination entre sécurité et développement. Cette proposition, présentée en avril, n’est pas un plan de paix concret : c’est une déclaration de principes suffisamment vague pour que Pékin puisse s’en attribuer la paternité sans contraintes.

Le 17 juin, Wang Yi appelle le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi — à la demande de ce dernier — pour réitérer le soutien chinois à l’accord. Araghchi remercie publiquement la Chine pour son rôle actif dans les négociations. Trump lui-même a déclaré que Pékin avait probablement contribué à faciliter la désescalade grâce à sa « position neutre ». La scénographie est parfaite. Mais l’ISW souligne que le rôle réel de la RPC dans la négociation du mémorandum reste incertain.

Les armes chinoises dans la guerre américano-iranienne

Le tableau se complique considérablement lorsqu’on examine les actes plutôt que les discours. Le bureau OFAC du département du Trésor américain a sanctionné neuf individus et entités chinoises le 10 juin 2026 pour avoir soutenu le programme d’approvisionnement en armes de l’Iran, dont le Corps des gardiens de la révolution islamique. Des sanctions similaires avaient déjà été imposées le 8 mai. L’Iran aurait même utilisé un système portatif de défense antiaérienne (MANPADS) de fabrication chinoise pour abattre un F-16 américain le 3 avril, bien que l’ISW précise que la date exacte d’acquisition reste inconnue. La RPC a également fourni des images satellites ayant aidé au ciblage iranien, des produits chimiques pour la fabrication de carburant de missiles, et possiblement un système radar avancé.

Simultanément, le représentant adjoint de la RPC à l’ONU, Sun Lei, déniait le 9 juin la légitimité des sanctions onusiennes actives contre l’Iran — quelques jours avant la signature de l’accord de paix. Pékin conteste le mécanisme de « snapback » activé par le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne. Traduction : la RPC se permet d’armer un belligérant tout en exigeant un plus grand rôle de l’ONU dans le processus de paix. Le cynisme est d’une cohérence absolue.


Ce double jeu est, à mes yeux, l’un des exemples les plus frappants de ce que j’appelle la diplomatie à double fond. Pékin se pose en artisan de la paix devant les caméras pendant que ses entreprises approvisionnent les belligérants dans l’ombre. Je ne peux pas ne pas établir le parallèle avec la Russie — et avec ceux qui, en Occident, continuent de chercher à « engager » Pékin comme s’il s’agissait d’un partenaire de bonne foi.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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