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REPORTAGE : Banques chinoises dans le viseur de l’UE — l’étau se resserre sur les facilitateurs
Crédit: Adobe Stock

Le rapport qui a tout changé

Remontons à juin 2025. Selon les données compilées par la Commission américano-chinoise pour l’économie et la sécurité (USCC), c’est le 12 juin 2025 que l’agence Bloomberg a révélé pour la première fois que l’Union européenne envisageait de sanctionner deux banques chinoises pour avoir aidé la Russie à contourner les restrictions commerciales imposées depuis l’invasion de l’Ukraine. La réaction de Pékin fut immédiate : le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré que la Chine s’opposait à toutes les sanctions unilatérales non approuvées par le Conseil de sécurité de l’ONU, et que les échanges entre entreprises chinoises et russes respectaient les règles de l’Organisation mondiale du commerce.

La formule était rodée, prévisible, et surtout révélatrice d’une ligne de défense que Pékin use depuis 2022 : nier toute complicité en invoquant le cadre multilatéral, tout en laissant prospérer les circuits d’aide à Moscou. Les noms des deux banques visées n’ont pas été rendus publics dans l’immédiat, mais leur existence dans le viseur européen a suffi à provoquer une onde de choc dans les milieux financiers sino-russes.

La riposte de Pékin en août 2025

L’histoire ne s’est pas arrêtée là. Deux mois après le rapport Bloomberg, en août 2025, les sanctions européennes contre ces deux banques chinoises — officiellement pour avoir fourni des «services de crypto-actifs» à la Russie — sont entrées en vigueur. La réponse chinoise a été chirurgicalement ciblée : le ministère du Commerce de Chine a annoncé des sanctions de rétorsion contre deux banques lituaniennes, UAB Urbo Bankas et AB Mano Bankas. Ce choix n’est pas anodin : la Lituanie est l’un des États membres de l’UE les plus déterminés à soutenir l’Ukraine et à défier Moscou.

Ce mécanisme de rétorsion dit tout de la stratégie de Pékin : non pas se soumettre, mais exercer une pression calibrée sur les maillons les plus vulnérables du bloc européen. En ciblant deux banques d’un pays balte de taille modeste plutôt que des institutions françaises ou allemandes, la Chine envoie un message — elle peut frapper — tout en évitant une escalade frontale avec les grandes puissances économiques de l’UE.


Ce jeu de dupes m’exaspère profondément. Pékin sanctionne deux banques lituaniennes pendant que ses institutions financières pompent des milliards dans l’économie de guerre russe. C’est la définition de l’hypocrisie géopolitique. Et l’UE, elle, choisissait jusqu’ici de ne pas trop provoquer le géant asiatique. Ce temps-là est révolu — du moins, on l’espère.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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