Mars 2026 : la première licence d’impunité
Tout commence en mars 2026, au moment où la guerre en Iran provoque une flambée sans précédent des prix du pétrole mondial. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent annonce une licence générale d’urgence de 30 jours permettant aux pays d’acheter le pétrole russe déjà en transit sur les océans. L’argument avancé : une mesure « étroitement ciblée et à court terme » qui « ne fournira pas d’avantage financier significatif au gouvernement russe ». Les sénatrices Jeanne Shaheen, Elizabeth Warren et Chuck Schumer dénoncent immédiatement la mesure dans un communiqué cinglant transmis au Kyiv Independent : selon eux, cette dérogation pourrait rapporter au Kremlin jusqu’à 150 millions de dollars par jour supplémentaires pour financer sa machine de guerre.
La réaction du Kremlin ne se fait pas attendre. Le représentant économique de Poutine, Kirill Dmitriev, déclare que cette décision démontre « le rôle essentiel de la Russie dans la stabilité du marché énergétique mondial » et que de nouvelles concessions sont « inévitables ». Quand l’ennemi vous remercie d’une décision, vous devriez peut-être vous demander si vous avez pris la bonne. Six partenaires du G7 sur sept ont d’ailleurs exprimé leur désaccord avec cette dérogation — seuls les États-Unis ont choisi cette voie, sous pression des marchés mais surtout d’une Maison-Blanche qui n’a pas su résister.
La logique perverse du soulagement temporaire
La dérogation initiale de mars 2026 reposait sur une hypothèse économique simple : en permettant au pétrole russe déjà en mer d’être vendu, on évite une pénurie artificielle pendant que la crise iranienne fait rage. Le problème est que cette hypothèse n’a jamais été validée par les faits. Comme l’ont démontré les sénatrices Shaheen et Warren dans leur déclaration du 17 juin 2026 au Comité des relations étrangères du Sénat, les prix à la pompe pour les Américains ont continué à augmenter pendant toute la durée des dérogations, sans que les consommateurs en bénéficient réellement. Seul Poutine a encaissé les dividendes.
L’outil choisi par Trump ne remplissait pas sa fonction déclarée. La CREA estimait que la Russie disposait d’environ 50 millions de barils de pétrole en mer au moment de la première dérogation, représentant des revenus potentiels considérables. Ces revenus — issus d’une décision unilatérale américaine prise contre l’avis de six partenaires du G7 — ont directement alimenté le budget militaire de Moscou pendant les mois les plus intenses des bombardements sur l’Ukraine.
Je me souviens avoir lu la déclaration de Dmitriev et avoir ressenti un frisson d’indignation. Poutine ne cache même plus sa satisfaction. Pendant ce temps, les Ukrainiens comptent leurs morts. Le contraste est insupportable.
L'escalade des prolongations : avril, mai, juin
Bessent promet, le Trésor prolonge : le cycle de la parole brisée
Le scénario se répète avec une régularité mécanique qui confine à la farce institutionnelle. Début avril 2026, le secrétaire Bessent déclare publiquement que le gouvernement américain ne prolongera pas la dérogation sur le pétrole russe déjà en mer. Deux jours plus tard, le Trésor publie une nouvelle licence valable jusqu’au 16 mai 2026. Le 25 avril 2026, Bessent affirme à nouveau qu’il n’y aura pas de nouvelle prolongation. Le 18 mai 2026, une troisième licence est émise, valable jusqu’au 17 juin 2026. Selon le Kyiv Independent, c’est la deuxième fois que l’administration Trump renouvelle le dispositif après avoir publiquement affirmé qu’elle ne le ferait pas.
Cette séquence n’est pas anodine. Elle révèle un modèle comportemental préoccupant : Trump et son équipe disent une chose, font l’opposée, et recommencent. Le Congrès n’est pas notifié comme l’exige le Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA). Les sénateurs Shaheen et Warren ont dénoncé explicitement cette pratique dans leur déclaration du 17 juin 2026 comme une tentative délibérée d’éviter des votes de désapprobation du Congrès et de se soustraire à toute obligation de rendre des comptes sur l’aide accordée à Poutine.
Le paradoxe de la crédibilité : quand les signaux contradictoires nourrissent Moscou
Chaque cycle de promesse-prolongation envoyait un message clair à Moscou : les sanctions américaines sur le pétrole russe ne sont pas permanentes — elles sont négociables, conditionnelles, susceptibles d’être assouplies sous prétexte de conjoncture. Pour un régime comme celui de Poutine, qui planifie à long terme, c’est une information stratégique d’une valeur inestimable. Cela lui permet de ne pas modifier fondamentalement ses comportements, car il anticipe que la pression sera tôt ou tard desserrée.
Le secrétaire Bessent avait lui-même déclaré devant le Congrès que les sanctions sur Rosneft et Lukoil d’octobre 2025 avaient une portée si significative qu’elles compensaient à elles seules toute la période d’inaction précédente. Puis, quelques semaines plus tard, il présentait les dérogations de mars 2026 comme une mesure « étroite » qui ne touchait pas ces mêmes sanctions. Sauf que, dans les faits, assouplir les conditions de vente du pétrole russe — même partiellement — réduit mécaniquement l’impact des sanctions existantes. C’est de la logique élémentaire que le Trésor américain a préféré ignorer.
Ce qui me trouble le plus dans cette séquence, ce n’est pas l’erreur initiale — on peut comprendre les contraintes des marchés énergétiques. C’est la récidive systématique combinée au déni. Quand un responsable jure qu’il ne fera pas quelque chose, puis le fait, puis le jure à nouveau, et le refait encore — à un moment, cela cesse d’être de l’incompétence. Cela devient une politique délibérée.
Ce que 150 millions de dollars par jour peuvent acheter à Poutine
Le calcul macabre que personne ne veut faire
Les chiffres avancés par les sénateurs démocrates ne sont pas des exagérations rhétoriques. Le Kyiv Independent, dans son analyse publiée le 17 mars 2026, a documenté précisément ce que 150 millions de dollars supplémentaires par jour permettent à Moscou de financer. La conclusion est glaçante. Cette somme correspond quotidiennement à environ 3 000 à 7 500 drones Shahed — l’équivalent d’un mois entier d’attaques russes de drones contre l’Ukraine. Elle permet également de financer entre 62 et 75 missiles de croisière Kh-101, suffisants pour trois à cinq attaques aériennes massives. Ou encore le recrutement de 4 400 à 5 500 nouveaux soldats russes supplémentaires.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait lui-même prévenu : le Kremlin dépenserait ces revenus supplémentaires en armes, notamment en drones utilisés pour les attaques de masse contre les villes ukrainiennes. Pendant les trois mois qu’ont duré les dérogations successives — mars, avril, mai, jusqu’au 17 juin 2026 — les Ukrainiens ont subi des bombardements intenses sur leurs infrastructures énergétiques, leurs réseaux électriques, leurs hôpitaux. La corrélation est accablante même si elle ne constitue pas une preuve directe de causalité.
Des drones, des missiles, des soldats : la comptabilité de la guerre
Le Kyiv Independent a poussé l’analyse encore plus loin : 150 millions de dollars par jour permettraient de financer environ 214 000 à 500 000 drones FPV — ces petits engins commandés à distance qui causent des ravages sur le front. La Russie lançait déjà plus de 6 000 drones par mois avant les dérogations. La capacité de production et de déploiement de ces armes est directement liée aux revenus pétroliers de Moscou. Chaque baril vendu sous dérogation est un maillon supplémentaire dans la chaîne qui mène des puits de pétrole sibériens aux champs de bataille ukrainiens.
Il faut aussi considérer les primes de recrutement pour les soldats russes, qui atteignent selon les services de renseignement militaire ukrainiens jusqu’à 30 000 dollars selon les régions. Avec 150 millions de dollars, la Russie peut recruter entre 4 400 et 5 500 soldats supplémentaires par jour de dérogation — soit de quoi compenser une bonne partie de ses pertes quotidiennes estimées à environ 1 000 soldats tués ou blessés. La mécanique est claire, froide, et absolument insupportable à contempler quand on sait que ces revenus ont été autorisés par une décision américaine.
Je pose la question simplement : si vous saviez que votre décision permettait à votre ennemi d’acheter 7 500 drones supplémentaires pour bombarder des civils, la prendriez-vous quand même ? Trump a répondu oui. Trois fois de suite.
Shaheen et Warren : la conscience du Sénat face au silence de la Maison-Blanche
Un acte d’accusation formulé en termes diplomatiques
La déclaration publiée le 17 juin 2026 par les sénatrices Jeanne Shaheen (D-NH), présidente minoritaire de la Commission des relations étrangères du Sénat, et Elizabeth Warren (D-MA), présidente minoritaire de la Commission bancaire du Sénat, est un acte d’accusation d’une précision chirurgicale. « Si l’Administration renouvelle cette licence maintenant, ce sera le signe le plus clair que le président Trump ne croit pas que son propre accord tiendra ou qu’il refusera simplement de confronter Poutine, même après plus de quatre ans de conflit et d’innombrables vies innocentes perdues », écrivent-elles. Et : « Chaque dollar supplémentaire que le Kremlin gagne grâce à cette licence aide Poutine à financer sa guerre illégale. »
Ces mots ont été prononcés le 17 juin 2026, le jour même où la licence 134C expirait — et le lendemain de la déclaration de Trump à Évian. Shaheen et Warren connaissaient les discours de Trump. Elles ne lui faisaient pas confiance. Et elles avaient raison de ne pas lui faire confiance — il suffit de regarder la chronique des trois prolongations précédentes. Le communiqué sur le site du Comité des relations étrangères du Sénat américain constitue une pièce historique : la preuve formelle que des élus américains ont, en temps réel, documenté l’inconstance de Trump sur la question du pétrole russe.
Une surveillance parlementaire systématique depuis juillet 2025
Ce n’est pas la première fois que Shaheen et Warren alertent sur la dérive de Trump concernant les sanctions russes. En juillet 2025, elles avaient annoncé une enquête formelle sur la pause de cinq mois qu’avait alors imposée l’administration Trump à toutes les désignations régulières de sanctions contre la machine de guerre russe. En mai 2025, elles avaient dirigé un groupe de sénateurs démocrates dans une lettre au conseiller à la sécurité nationale et secrétaire d’État Marco Rubio, énonçant un plan d’action précis en huit points pour renforcer la pression économique sur Moscou. En juin 2026, dans une audition parlementaire virulente, Shaheen avait rappelé à Rubio que les dérogations accordées au pétrole russe permettaient à la Russie de gagner 4 milliards de dollars par mois.
Cette constance est remarquable. Pendant que Trump zigzaguait entre promesses et prolongations, Shaheen maintenait une pression documentée, cohérente, factuelle. Elle représente ce que la démocratie américaine peut faire de mieux : une opposition parlementaire qui s’appuie sur les faits, qui ne se laisse pas séduire par les déclarations de façade, et qui maintient la mémoire institutionnelle des engagements trahis. Dans un système politique où la mémoire est souvent courte, c’est un service de première importance.
Ce qui m’impressionne chez Shaheen et Warren, c’est la constance. Elles ont écrit, publié, documenté. Dans un système politique où la mémoire institutionnelle est souvent courte, elles ont maintenu une pression continue — sans jamais se laisser séduire par les promesses verbales de Trump. C’est exactement le type de vigil démocratique dont l’Occident a besoin en ce moment.
Le G7 d'Évian : une convergence de façade
Quand la communauté internationale se satisfait des mots
Le président français Emmanuel Macron a affirmé que le sommet du G7 d’Évian avait produit « une convergence sans précédent » entre les dirigeants, y compris Trump, sur le maintien du soutien à l’Ukraine. Selon Reuters, Zelensky a déclaré à l’issue du sommet que les dirigeants du G7 s’étaient mis d’accord pour dire que la Russie « ne gagnait pas » la guerre, et qu’ils avaient discuté de sanctions supplémentaires ciblant les exportations pétrolières russes, le secteur bancaire et la production militaire. La déclaration finale du G7 promettait de « renforcer les sanctions, y compris dans les secteurs du pétrole et du gaz ». L’ambiance semblait positive.
Sauf que deux diplomates européens ont confié à Reuters que Trump avait été non engagé sur l’imposition de nouvelles sanctions américaines à la Russie — exactement ce que ses alliés européens réclamaient. L’Union européenne envisageait déjà un nouveau paquet de sanctions sur le pétrole et le secteur bancaire russe. Le Royaume-Uni avait annoncé de nouvelles mesures contre la flotte fantôme. Le Canada avait imposé de nouvelles restrictions ciblant 162 individus, entités et navires. Et les États-Unis ? Ils avaient laissé expirer une dérogation — sans engager de sanctions nouvelles d’envergure propres.
Le G7 comme théâtre d’une solidarité à géométrie variable
Le communiqué du G7 d’Évian sur les sanctions est rédigé avec suffisamment de vague pour ne contraindre personne à des actions spécifiques dans un délai défini. Selon S&P Global Energy, les pays du G7 restaient divisés sur des mesures clés comme l’abaissement du plafond sur le prix du pétrole russe — seuls les États-Unis maintenaient encore le plafond originel de 60 dollars le baril établi en 2022, tandis que le Royaume-Uni, le Canada et le Japon l’avaient réduit à moins de 50 dollars. L’Union européenne proposait un embargo total sur les services maritimes pour le pétrole russe, une mesure qui supplanterait le plafond — mais sans l’accord américain, son efficacité serait limitée.
La fracture du G7 sur les sanctions pétrolières russes n’est pas nouvelle, mais elle s’est accentuée sous Trump. En 2022 et 2023, la coordination entre alliés était exemplaire. En 2026, chaque membre du G7 avance à son propre rythme, avec ses propres priorités. Ce fractionnement est une victoire stratégique pour Moscou, qui a toujours misé sur la division des occidentaux comme levier de résistance. Et Trump, par son inconstance, a largement contribué à cette fragmentation de la solidarité alliée.
J’ai couvert suffisamment de sommets pour savoir reconnaître les déclarations finales qui ne veulent rien dire. « Nous renforcerons nos sanctions » sans calendrier, sans cibles nommées, sans mécanisme d’exécution — c’est du langage diplomatique pour « nous n’avons pas pu nous mettre d’accord sur grand-chose. » Évian a produit de la convergence rhétorique. Poutine, lui, a produit des missiles.
La flotte fantôme : l'angle mort de la politique américaine
Des centaines de pétroliers qui échappent aux sanctions
Au cœur du problème des sanctions sur le pétrole russe se trouve un mécanisme que l’administration Trump a systématiquement sous-traité à ses alliés : la flotte fantôme. Cette collection de pétroliers vétustes, souvent ré-immatriculés dans des pays tiers, permet à Moscou de contourner les restrictions occidentales sur ses exportations d’hydrocarbures. Le Royaume-Uni, lors du G7 d’Évian, a annoncé un nouveau paquet de sanctions ciblant précisément ces navires, notamment ceux qui transportent le gaz naturel liquéfié (GNL) du projet Arctic LNG 2 de Russie, pourtant déjà sanctionné. La mesure britannique cible également les réseaux financiers utilisés par Moscou pour contourner les restrictions existantes.
De leur côté, les sénateurs Shaheen et ses collègues bipartisans avaient co-présenté en septembre 2025 le SHADOW Fleets Act, un texte législatif visant à élargir massivement les autorités de sanction américaines pour cibler ces navires. Ce projet de loi visait à sanctionner tout navire pratiquant un transfert de cargaison en mer avec un pétrolier fantôme sanctionné, à cibler les projets de GNL arctique russes, et à imposer une responsabilité stricte aux pays acheteurs de pétrole illicite. Il a été bloqué, retardé, affaibli — notamment sous la pression de la Maison-Blanche qui demandait des dérogations permettant à Trump de choisir qui sanctionner.
Pourquoi la flotte fantôme est la clé de voûte du système Poutine
Sans la flotte fantôme, les sanctions sur le pétrole russe auraient une efficacité bien supérieure. C’est précisément parce que ces navires permettent de contourner les restrictions à grande échelle que Moscou peut continuer à exporter ses hydrocarbures malgré le régime de sanctions. En janvier 2025, sous l’administration Biden, le Trésor américain avait sanctionné 183 navires dans le cadre d’une action massive contre cette flotte — dont plusieurs qui transportaient également du pétrole iranien sanctionné. Cette action coordonnée avec le Royaume-Uni avait représenté l’une des offensives les plus sérieuses contre l’infrastructure d’évasion russe.
Sous Trump, cette dynamique s’est ralentie. L’administration a préféré les sanctions ponctuelles et théâtrales — comme celles sur Rosneft et Lukoil — tout en laissant prospérer le réseau de contournement opérationnel. Cibler les compagnies pétrolières sans cibler simultanément leurs vecteurs d’exportation, c’est comme condamner un baron de la drogue tout en laissant son réseau de distribution intact. L’effet symbolique est réel. L’effet économique, lui, reste partiel.
La flotte fantôme, c’est l’éléphant dans la pièce de la politique de sanctions. On peut fermer les yeux sur Rosneft, on peut négocier des licences temporaires — mais si on ne touche pas aux pétroliers qui contournent allègrement les règles en mer, tout l’édifice des sanctions ressemble à un château de cartes. Et Trump, qui avait le pouvoir d’agir, a préféré négocier des dérogations.
Le précédent Rosneft-Lukoil : quand Trump sait frapper fort
Octobre 2025 : la preuve que Trump peut agir quand il le décide
Il serait intellectuellement malhonnête de prétendre que Trump n’a jamais agi de manière décisive sur les sanctions pétrolières russes. En octobre 2025, après avoir annulé un sommet trilatéral à Budapest avec Poutine et Zelensky, Trump a ordonné au Département du Trésor de sanctionner les deux plus grandes compagnies pétrolières russes : Rosneft et Lukoil. Le secrétaire Bessent avait déclaré : « Compte tenu du refus de Poutine de mettre fin à cette guerre insensée, le Trésor sanctionne les deux plus grandes compagnies pétrolières russes qui financent la machine de guerre du Kremlin. » Les effets furent immédiats : les géants pétroliers d’État chinois — PetroChina, Sinopec, CNOOC et Zhenhua Oil — ont suspendu leurs achats à court terme, selon des sources citées par Reuters.
Une analyse publiée sur re-russia.net estimait que ces sanctions menaçaient plus de 2 millions de barils par jour d’exportations russes de pétrole, soit environ 30 % du total. Les pertes de revenus pour la Russie pouvaient atteindre 15 à 25 % des exportations totales d’hydrocarbures en 2026. Le cours du Brent avait rebondi de 5,4 % à l’annonce. Ces données confirment une chose essentielle : quand Trump veut réellement sanctionner le pétrole russe, il en a les moyens et les effets sont mesurables. Ce qui rend d’autant plus inexplicable — et inexcusable — les trois mois de dérogations accordées à Poutine en 2026.
La contradiction au cœur de la politique Trump
Voici la tension irrésolue au centre de la politique de Trump sur le pétrole russe : il a sanctionné Rosneft et Lukoil avec une main en octobre 2025, puis accordé des dérogations massives sur le pétrole russe de l’autre main en mars 2026. Il a signé la désignation de ces compagnies sous l’Executive Order 14024, gelant tous leurs actifs américains et interdisant à toute entité américaine de faire affaire avec elles. Puis il a permis à leurs clients étrangers d’acheter leur pétrole sans sanctions secondaires pendant trois mois.
C’est une posture schizophrénique qui dilue l’impact réel des sanctions. Quand vous sanctionnez une compagnie mais autorisez temporairement l’achat de son produit, vous créez une ambiguïté juridique et commerciale qui profite aux acheteurs opportunistes — notamment China et Inde — et affaiblit la portée dissuasive de vos propres décisions. Scott Bessent lui-même avait tenté d’expliquer cette cohérence apparente devant le Congrès, avec des arguments que les sénatrices Shaheen et Warren ont démontés point par point dans leurs interventions publiques successives.
C’est là le paradoxe Trump que je n’arrive pas à résoudre complètement. L’homme est capable de coups de maître — les sanctions sur Rosneft et Lukoil en octobre 2025 étaient du grand jeu. Mais il dilue son propre héritage en accordant ensuite des licences de complaisance. Comment un stratège peut-il sanctionner Rosneft et Lukoil avec une main, et signer des dérogations de l’autre ? La réponse est que Trump ne joue pas selon une doctrine cohérente — il joue coup par coup, en fonction de ses intérêts du moment.
La rhétorique de l'Hormuz : l'alibi parfait
Quand la géographie sert à justifier l’inaction
L’argument officiel de l’administration Trump pour justifier les trois dérogations successives sur le pétrole russe était simple : la guerre en Iran avait perturbé les marchés mondiaux, le détroit d’Hormuz était partiellement bloqué, et autoriser temporairement la vente de pétrole russe déjà en mer permettait d’éviter une crise énergétique mondiale. En apparence, l’argument est techniquement défendable. Sauf que, comme l’ont souligné les sénatrices Shaheen et Warren le 17 juin : « Cet effort a clairement échoué, car les Américains ont supporté des prix significativement plus élevés à la pompe et dans les épiceries depuis le début du conflit. »
Autrement dit, la dérogation n’a pas rempli son objectif déclaré de stabiliser les prix à la consommation américaine. Elle a uniquement bénéficié à la Russie. C’est un constat brutal qui remet en question l’ensemble du raisonnement de l’administration : si l’outil ne fonctionne pas pour ses buts annoncés, mais profite exclusivement à l’adversaire que l’on prétend pressuriser, à quoi sert-il réellement ? La réponse la plus charitable est l’incompétence analytique. La moins charitable, que Trump a simplement choisi de protéger les bénéficiaires russes des sanctions au détriment de ses propres électeurs et de l’Ukraine.
La fin de la guerre en Iran comme point de bascule
L’accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d’Hormuz représente, selon Trump lui-même, la justification principale du retour possible des sanctions sur le pétrole russe. « We took sanctions off because obviously we’re not looking to impede the oil. We are in a position to do that soon », a-t-il déclaré à Évian le 16 juin. Cette logique est cohérente en elle-même — si l’argent du Hormuz permettait de justifier l’allègement des sanctions, la réouverture du détroit devrait logiquement en justifier le rétablissement. Mais elle révèle aussi que les sanctions sur le pétrole russe n’ont jamais été, pour Trump, une question de principe moral ou de solidarité avec l’Ukraine — elles sont un levier conditionnel, ajustable en fonction des prix du pétrole.
Selon The Moscow Times, le cours du pétrole russe de référence Urals était retombé sous 65 dollars le baril au moment de l’expiration de la licence 134C le 17 juin, après avoir culminé à environ 120 dollars au pic de la guerre en Iran. La baisse des prix pétroliers donne mécaniquement plus de marge à Washington pour rétablir les sanctions sans déclencher une flambée immédiate à la pompe. Mais le 17 juin, Trump était encore en train de « surveiller la baisse des prix » — conditionnalité classique qui laisse ouverte la possibilité d’une quatrième dérogation si les prix rebondissent.
Je ne fais pas de procès d’intention. Je constate simplement que lorsqu’on évalue une politique à l’aune de ses résultats réels — plutôt que de ses intentions déclarées — le verdict est accablant. Les prix n’ont pas baissé pour les Américains. Les revenus russes n’ont pas diminué de manière structurelle. Seule l’Ukraine a payé le prix.
La position de Zelensky et la réalité du champ de bataille
Ukraine : la résistance comme condition de la négociation
Volodymyr Zelensky était présent au G7 d’Évian, à l’invitation de la France. Selon Reuters, il a déclaré à l’issue des discussions que les dirigeants du G7 convenaient que la Russie « ne gagnait pas » la guerre. L’ambassadeur américain Bill Taylor, ancien ambassadeur des États-Unis en Ukraine, interrogé sur LiveNOW from FOX, a confirmé que les Ukrainiens avaient repris l’initiative sur le terrain : ils tuent plus de soldats russes que la Russie ne peut en recruter, ils reprennent plus de territoire qu’ils n’en cèdent, et ils frappent plus profondément en Russie que les Russes ne le font en Ukraine. L’analyse est claire : l’Ukraine est en position de force relative, mais cette position dépend des ressources financières et militaires que l’Occident consent à maintenir.
C’est précisément pour cette raison que les dérogations pétrolières de Trump sont si dangereuses. Chaque dollar supplémentaire accordé à Poutine prolonge la guerre. Et chaque prolongation de la guerre augmente le coût humain, économique et politique pour l’Ukraine, pour l’Europe, et finalement pour les États-Unis eux-mêmes. Zelensky ne demande pas la charité. Il demande que les outils qui existent soient utilisés avec cohérence. Le G7 a promis de « renforcer les sanctions ». L’Ukraine attend de voir les actes correspondre aux mots.
La guerre dans les airs : Ukrainiens et Russes frappent leurs cibles stratégiques
Selon LiveNOW from FOX, les Ukrainiens ont intensifié leurs frappes sur les infrastructures pétrolières russes — raffineries, dépôts, ports d’exportation — précisément parce que ces installations sont la colonne vertébrale du financement de la guerre russe. En parallèle, les Russes ont continué à cibler le système électrique ukrainien, les réseaux de gaz, les infrastructures d’eau et de chaleur. Ce double mouvement — attaquer les sources de financement de l’ennemi tout en défendant ses propres infrastructures vitales — illustre la logique économico-militaire qui sous-tend ce conflit depuis 2022.
Les missiles Patriot, qui avaient été détournés vers la défense de l’Iran pendant le conflit en Méditerranée, pourraient désormais revenir en Ukraine si le cessez-le-feu avec l’Iran tient — selon Bill Taylor. Cela représenterait un renforcement significatif des capacités défensives ukrainiennes contre les missiles balistiques et de croisière russes. Le G7 a promis de « renforcer les défenses aériennes d’Ukraine ». Si les Patriot rentrent et si les sanctions pétrolières reprennent effectivement, la combinaison de ces deux mesures pourrait modifier l’équation militaire sur le terrain.
Zelensky est quelque chose de rare en politique internationale : un dirigeant qui gouverne sous des bombardements quotidiens et qui continue à plaider pour sa nation avec une lucidité implacable. Je ne peux pas m’empêcher de comparer son courage à l’ambiguïté calculée de Trump. L’un risque tout. L’autre joue sur les mots.
L'inconstance stratégique de Trump : un danger systémique pour l'Occident
Quand l’imprévisibilité devient un risque géopolitique
L’histoire des sanctions sur le pétrole russe sous Trump illustre un problème structurel plus large : l’inconstance de Trump comme mode de gouvernance. Il a sanctionné Rosneft et Lukoil en octobre 2025 — puis accordé des dérogations massives en 2026. Il a déclaré « bientôt » à Évian le 16 juin — puis été « non engagé » sur des mesures concrètes en coulisses. Il a soutenu le projet de loi bipartisan de sanctions russes de Lindsey Graham en janvier 2026 — puis demandé au Sénat de le retarder en juin 2026 et d’y insérer des clauses d’exception présidentielles. Ce modèle comportemental n’est pas seulement frustrant pour les alliés. Il est activement exploité par Moscou.
La Russie a développé depuis 2022 une infrastructure de contournement sophistiquée — flotte fantôme, réseaux de paiement alternatifs, acheteurs intermédiaires — précisément parce qu’elle a compris que les sanctions occidentales seraient appliquées de manière discontinue. Chaque période d’allègement — comme celle de mars à juin 2026 — lui offre le temps de se réorganiser, de consolider ses circuits de financement, et de tester les limites de la détermination occidentale. En ce sens, l’inconstance de Trump ne nuit pas seulement à l’Ukraine. Elle nuit à l’efficacité même du régime de sanctions que l’Occident a mis des années à construire.
Les alliés qui tentent de compenser l’imprévisibilité américaine
Face aux zigzags américains, les partenaires européens du G7 ont tenté de maintenir la pression sur Moscou par leurs propres moyens. Le Royaume-Uni a renforcé ses sanctions sur la flotte fantôme et s’est aligné avec l’Union européenne pour cibler les raffineurs qui traitent du pétrole russe à l’étranger. L’UE a proposé un embargo total sur les services maritimes pour le pétrole russe — une mesure qui rendrait la flotte fantôme théoriquement inutile en ciblant tous les acteurs de la chaîne logistique. Le Canada a imposé en 2026 des restrictions sur plus de 3 400 individus et entités et plus de 600 navires liés à la Russie.
Mais ces mesures unilatérales ou coordonnées entre Européens ne peuvent pas remplacer la puissance de feu des États-Unis dans le régime de sanctions. Sans Washington, les sanctions secondaires n’ont pas la même portée dissuasive — les grandes compagnies chinoises et indiennes calculent leur exposition au risque en fonction de l’exposition aux marchés américains, pas européens. La fragmentation du front occidental est donc, in fine, une victoire stratégique pour Poutine — et une conséquence directe de l’imprévisibilité de Trump.
L’Occident a une arme économique extraordinairement puissante dans les sanctions pétrolières. Mais cette arme n’a de valeur que si elle est brandissable de manière crédible et constante. Chaque fois que Trump accorde une dérogation en promettant que c’est la dernière, il érode cette crédibilité. Et une arme qui n’est plus crédible n’est plus une arme — c’est un accessoire de théâtre.
La Chine et l'Inde : les grands bénéficiaires silencieux
Pékin et New Delhi profitent de chaque allègement de sanctions
La politique d’allègement des sanctions américaines sur le pétrole russe a un bénéficiaire que les communiqués officiels mentionnent rarement : la Chine. Sous la pression des sanctions secondaires imposées en octobre 2025, les grandes compagnies pétrolières d’État chinoises avaient suspendu leurs achats à Rosneft et Lukoil. Mais pendant la période de dérogations de 2026, elles ont pu reprendre leurs achats de pétrole russe — contribuant à maintenir les revenus pétroliers du Kremlin à des niveaux élevés. L’Inde a joué un rôle analogue : principal bénéficiaire des licences générales permettant d’acheter du pétrole russe à prix réduit, elle a importé des volumes massifs pendant les trois mois de dérogations.
Cette dynamique soulève une question politique fondamentale que l’administration Trump n’a jamais vraiment voulu affronter : comment peut-on simultanément imposer des tarifs punitifs à la Chine et à l’Inde pour leurs achats de pétrole russe, tout en leur accordant des licences d’exemption qui permettent exactement ces mêmes achats ? La réponse est qu’on ne peut pas — et c’est précisément pourquoi la politique de sanctions de Trump sur le pétrole russe manquait de cohérence interne. En alliant pression tarifaire et allègements ciblés, Washington a finalement offert à Pékin et New Delhi le meilleur des deux mondes : le discours de la fermeté, sans les conséquences réelles.
La Chine : principal ennemi de l’Occident, principal financier de la guerre russe
La Chine est, au-delà de la Russie, la menace géopolitique la plus structurelle pour l’ordre mondial occidental. En continuant à acheter du pétrole russe massivement — même en réduisant temporairement ses achats à Rosneft et Lukoil en octobre 2025 —, Pékin fournit à Poutine la bouée de sauvetage économique sans laquelle son régime ne pourrait pas financer indéfiniment une guerre aussi coûteuse. Selon Reuters, les rapports suggèrent que les raffineurs indiens réduisaient significativement leurs importations de pétrole russe après les sanctions d’octobre 2025. La Chine a officiellement exprimé son opposition aux sanctions américaines. Cette opposition n’est pas une posture diplomatique — c’est un choix stratégique.
Or, chaque dérogation accordée par Trump sur le pétrole russe profite directement aux acheteurs chinois et indiens, qui peuvent maintenir leurs flux d’approvisionnement sans risquer de sanctions secondaires pendant la durée de la licence. C’est un cadeau non sollicité à Pékin — un acteur que Trump lui-même présente comme l’adversaire principal des États-Unis. La contradiction est saisissante : on déclare que la Chine est la plus grande menace, on lui impose des droits de douane record, et on lui offre des fenêtres d’approvisionnement en pétrole russe à prix réduit sans sanctions.
La Chine est pour moi la menace la plus structurelle pour l’ordre mondial occidental. Et précisément parce qu’elle est la principale alternative à l’Europe et aux États-Unis pour financer la machine de guerre russe, toute politique de sanctions sur le pétrole doit cibler prioritairement les acheteurs chinois. Les dérogations accordées par Trump ont fait exactement le contraire — elles ont préservé cet espace vital pour Pékin.
L'expiration du 17 juin : fin réelle ou nouvelle illusion ?
La licence 134C expire — mais sans garantie de retour aux sanctions
Le 17 juin 2026, la licence générale 134C — la troisième dérogation sur le pétrole russe accordée par l’administration Trump — a expiré sans renouvellement. C’est la première fois depuis mars 2026 que Washington laisse les sanctions reprendre pleinement effet sans prolongation. La décision s’accompagne du signal fort de Trump à Évian le 16 juin : « Soon we’ll be able to do that… We’re in a position to do that soon. » Les marchés ont interprété ces mots comme un retour aux sanctions. Le cours du pétrole russe de référence Urals, qui avait culminé à environ 120 dollars le baril au plus fort de la guerre en Iran, est redescendu sous 65 dollars le baril selon The Moscow Times.
Mais la prudence s’impose. L’administration Trump a, à deux reprises, laissé expirer une dérogation — avant de la renouveler quelques jours plus tard. Le Straits Times notait que le 17 juin, le Trésor américain n’avait simplement pas publié de nouvelle extension, sans que Trump ni ses fonctionnaires confirment explicitement le retour des sanctions. Trump lui-même, interrogé le 17 juin pendant le G7, avait déclaré : « We are looking at that. We’re seeing how far the price of oil comes down, it’s really tumbling. » Ce n’est pas la posture d’un dirigeant déterminé à imposer des sanctions coûteuses — c’est celle d’un homme qui surveille les marchés avant de décider.
Le test de la quatrième prolongation qui ne devrait pas avoir lieu
La véritable question n’est pas de savoir si la licence 134C a expiré le 17 juin — elle a expiré. La vraie question est : y aura-t-il une licence 134D ? Un nouveau prétexte, une nouvelle « circonstance exceptionnelle » — un rebond des prix du pétrole, une instabilité dans un autre pays producteur, une pression des alliés acheteurs — pourrait théoriquement justifier une quatrième dérogation. L’histoire des trois premières licences montre que le pattern est bien établi : expiration, promesse de ne pas renouveler, puis renouvellement sous un prétexte nouveau.
Si Trump veut être pris au sérieux sur l’Ukraine, il doit résister à cette tentation. Les sénatrices Shaheen et Warren avaient prévenu : « Nous espérons que le président Trump comprend ce qui est évident : l’Ukraine gagne. Et si le président Trump est intéressé par un accord de paix, il devrait augmenter la pression sur Poutine pour qu’il accepte une paix juste et durable, et non lui accorder davantage d’allègements de sanctions. » Ces mots, prononcés le jour même de l’expiration de la licence, constituent le meilleur résumé de ce que l’Ukraine et ses alliés attendent désormais de Washington.
Je veux croire que cette fois, Trump ira jusqu’au bout. Je veux croire que les mots prononcés à Évian se traduiront en actes, que les sanctions seront rétablies sans dérogation de complaisance, que Poutine sera réellement pressé économiquement. Mais l’histoire récente — trois promesses, trois renouvellements — m’oblige à rester prudent. La bonne nouvelle est que l’expiration du 17 juin est réelle. La mauvaise, c’est que l’histoire ne garantit pas qu’elle soit définitive.
Conclusion : Trump, le pétrole et le prix de l'inconstance
Ce que l’Ukraine retient de six mois de faux départs
La séquence qui va de mars à juin 2026 sur les sanctions pétrolières américaines contre la Russie offre une leçon politique d’une clarté saisissante. Trump a les outils pour pressuriser Poutine économiquement. Il les a utilisés avec efficacité en octobre 2025 contre Rosneft et Lukoil. Il les a ensuite sabotés pendant trois mois sous prétexte de stabiliser des marchés énergétiques que ses propres décisions avaient contribué à déstabiliser. Il annonce maintenant leur retour — en disant « bientôt », en conditionnant sa décision au prix du pétrole, en laissant toutes les portes de sortie ouvertes. Ce n’est pas de la stratégie. C’est de l’improvisation.
Pendant ces trois mois, l’Ukraine a subi des attaques à grande échelle. Pendant ces trois mois, la Russie a encaissé des revenus pétroliers supplémentaires qui auraient dû être bloqués. Pendant ces trois mois, les sénatrices Shaheen et Warren ont documenté publiquement la trahison — non pas par idéologie partisane, mais par attachement aux faits et aux engagements de principe que les États-Unis ont pris vis-à-vis de l’Ukraine depuis l’invasion à grande échelle de 2022. L’inconstance a un coût. Ce coût s’est payé en vies ukrainiennes.
Les mots doivent devenir des actes — et vite
Si Donald Trump veut être pris au sérieux sur l’Ukraine — si les mots prononcés à Évian le 16 juin 2026 doivent avoir un sens —, il doit rétablir des sanctions complètes et sans dérogation sur le pétrole russe, cibler la flotte fantôme avec la même énergie que celle déployée pour les sanctions sur Rosneft et Lukoil en octobre 2025, et cesser de saborder les projets de loi bipartisans du Congrès en demandant des clauses d’exception présidentielles. Il doit faire en sorte que ses alliés du G7 croient ses engagements — et que Poutine, surtout, comprenne que le régime de sanctions est permanent et non négociable.
L’Ukraine ne peut pas se permettre un quatrième atermoiement. Le monde libre non plus. Zelensky continue de diriger son pays sous les bombes avec une constance qui force le respect. Les sénatrices américaines continuent de documenter les manquements avec une rigueur exemplaire. Les alliés européens continuent d’avancer leurs propres mesures de pression sur Moscou. Il ne manque qu’une chose : que Trump décide, une fois pour toutes, que les actes valent plus que les mots. Et que « soon » signifie maintenant.
Signé Maxime Marquette, chroniqueur
Sources
Sources primaires
Sources secondaires
Newsmax — Trump signals return of Russian oil sanctions — 16 juin 2026
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