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REPORTAGE : L’OTAN entre en phase d’implémentation — Ankara, le sommet du passage à l’acte
Crédit: Adobe Stock

Un objectif inimaginable il y a cinq ans

Pour comprendre pourquoi le sommet de Bruxelles des 17-18 juin revêtait une importance aussi décisive, il faut remonter au sommet de La Haye de juin 2025. C’est là que les alliés ont gravé dans le marbre l’objectif des 5 % du PIB pour les dépenses de défense et de sécurité d’ici 2035. La formule est précise : 3,5 % du PIB consacrés aux dépenses de défense au sens strict — personnels, équipements, opérations, recherche — et 1,5 % du PIB supplémentaire pour ce que l’OTAN appelle la résilience : protection des infrastructures critiques, cyberdéfense, préparation civile, mobilité militaire et renforcement de la base industrielle de défense. Il y a encore cinq ans, un tel engagement aurait été jugé utopique par la plupart des chancelleries européennes.

Ce qui a changé ? La pression américaine, incarnée dans sa forme la plus brute par l’administration Trump. Comme le rappelle Reuters en mars 2026, Rutte lui-même a reconnu que l’influence de Trump a été déterminante pour pousser les alliés à adopter ce nouvel objectif. Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, dont la présence à Bruxelles les 17-18 juin était très remarquée, a été encore plus direct : «L’objectif en matière de dépenses de défense, c’est de transformer l’OTAN en une véritable alliance militaire axée sur la puissance réelle et la dissuasion réelle.» On est loin des formules diplomatiques policées. Et d’une certaine façon, cette rudesse a eu le mérite de produire des résultats.

La formule des 5 % : une architecture à deux piliers

L’engagement de La Haye repose sur une architecture précise, gravée dans la Déclaration du sommet de La Haye de juin 2025. Les alliés se sont engagés à allouer au moins 3,5 % du PIB annuellement aux dépenses de défense selon la définition agréée par l’OTAN, afin de financer les exigences fondamentales en matière de défense et de satisfaire aux objectifs de capacités de l’OTAN. À cela s’ajoute une tranche de jusqu’à 1,5 % du PIB pour des dépenses de sécurité au sens large : protection des infrastructures critiques, défense des réseaux numériques, préparation civile et résilience, innovation et renforcement de la base industrielle de défense.

Un examen de la trajectoire et de l’équilibre des dépenses est prévu en 2029, et tous les alliés devront atteindre le nouvel objectif d’ici 2035. Contrairement aux années de vague engagement autour des 2 % du PIB, les plans doivent désormais être soumis, publiés et évalués. C’est ce mécanisme de redevabilité que le sommet d’Ankara est chargé d’inaugurer concrètement pour la première fois, en examinant les premiers plans nationaux de mise en œuvre soumis par les alliés avant le 7 juillet.


Trump est un mal nécessaire, disent certains de mes collègues. Je ne suis pas loin de partager cette analyse. Sa méthode est brutale, ses attaques contre les institutions alliées sont regrettables — et il faut le dire clairement. Mais sur la question de la défense européenne, sa pression a obtenu ce que des décennies de diplomatie feutrée n’avaient pas réussi à produire : une augmentation réelle, massive, des budgets. Les fins ne justifient pas toujours les moyens, mais les chiffres, eux, ne mentent pas.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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