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ÉDITORIAL : Sanctionner Pékin — l’UE franchit enfin le Rubicon face à l’allié de Moscou
Crédit: Adobe Stock

Shenzhen Minghuaxin : le fournisseur de drones de l’enfer

Shenzhen Minghuaxin Technology Co., Ltd. n’est pas une entreprise fantôme. C’est un acteur clé de l’écosystème de la guerre de drones que Moscou mène contre les villes et les soldats ukrainiens. Selon les enquêtes menées par l’Open Source Centre et rapportées après les sanctions du 15 juin, Minghuaxin a fourni des composants au fabricant russe de drones Rustakt LLC — le producteur du drone FPV VT-40, massivement déployé par l’armée russe sur le front. Près de 400 expéditions auraient été documentées entre juillet 2023 et avril 2024 entre Minghuaxin et Rustakt.

Le stratagème pour dissimuler ces livraisons est aussi révélateur que révoltant : des factures décrivant initialement des cartes de circuit imprimé et des supports plastiques — composants typiques de drones — ont été remplacées par des descriptions d’ampoules LED, de polish pour carrosserie et de sièges d’auto pour enfants. C’est le visage concret de la complicité industrielle chinoise. Et l’actionnaire majoritaire de Minghuaxin, Wang Dinghua, détenait par ailleurs une participation de 5 % dans Rustakt lui-même, selon le Financial Times. La frontière entre fournisseur chinois et actionnaire d’un fabricant de drones russe sanctionné était donc inexistante.

Xinxiang Richful : l’huile dans les rouages de la guerre

Le deuxième cas est tout aussi éloquent. Xinxiang Richful Lubricant Additive Company est décrite par la Commission européenne comme «l’un des plus grands fabricants et distributeurs d’additifs pour lubrifiants basés en Chine». Sa sanction n’est pas anodine : la Commission précise explicitement qu’elle «fournit des additifs chimiques pour lubrifiants mécaniques utilisés par les militaires russes». Ce n’est donc pas du commerce ordinaire — c’est du soutien logistique à une armée d’occupation.

Les chiffres communiqués par le Center for Intelligence and Research Analysis (CIRA) donnent l’ampleur réelle : Richful a expédié environ 47 000 tonnes d’additifs vers la Russie en 2022, et encore 36 000 tonnes métriques entre avril 2023 et avril 2024. Son principal client russe ? Gazpromneft Lubricants, intimement lié à la structure industrielle du complexe militaro-industriel russe. Ces volumes ne relèvent pas d’une relation commerciale banale. C’est une supply chain de guerre.


Il ne faut pas se laisser distraire par la technicité des termes — additifs, lubrifiants, composants électroniques. Derrière ces mots se cache une réalité brutale : des chars russes roulent mieux grâce à des produits chinois, des drones tuent des Ukrainiens avec des circuits imprimés fabriqués à Shenzhen. C’est du sang mélangé à de l’huile de moteur. Et pendant des années, l’Europe a fermé les yeux.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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