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REPORTAGE : Taïwan lâchée — Trump sacrifie une démocratie sur l’autel du sommet Xi
Crédit: Adobe Stock

Un Congrès qui vote, une Maison-Blanche qui bloque

En janvier 2026, le Congrès américain avait donné son feu vert à un paquet d’armements d’une valeur de 14 milliards de dollars pour Taïwan. Ce paquet comprend des systèmes de défense aérienne avancés : des intercepteurs PAC-3 Patriot et des systèmes de missiles NASAMS (National Advanced Surface-to-Air Missile Systems), ainsi que des munitions à moyenne portée et des actifs anti-drones essentiels. Le tout représente ce qu’un responsable américain a qualifié de « capacités indispensables » pour dissuader une offensive militaire chinoise.

Mais le vote du Congrès ne suffit pas. Selon les règles du Foreign Military Sales, c’est le président américain qui doit formellement notifier le Congrès pour que la vente devienne exécutoire. Trump ne l’a pas fait. Il a laissé le dossier stagner à la State Department pendant des mois. Juste avant sa visite à Pékin en mai 2026, la Maison-Blanche a explicitement mis ce paquet en suspens pour « ne pas provoquer Xi », selon plusieurs sources citées par le New York Times. Selon NPR, deux packages d’armements totalisant environ 14 milliards de dollars ont été reportés par crainte de froisser Pékin avant le voyage présidentiel.

Trump : « un bon atout de négociation »

De retour de Pékin, Trump a lâché une phrase qui a choqué Taipei et Washington : interrogé sur le paquet de 14 milliards, il a déclaré lors d’une interview à Fox News qu’il « le mettait en suspens » parce que c’est « un très bon atout de négociation ». La formule est révélatrice. Pour Trump, les ventes d’armes à une démocratie assiégée sont d’abord un levier commercial dans ses tractations avec Pékin — non une obligation morale ou stratégique envers un partenaire.

Depuis lors, l’ambiguïté s’est installée. Le secrétaire d’État Marco Rubio a affirmé devant le Congrès en juin que le paquet n’était pas « officiellement en pause », mais toujours en cours d’examen. Trump, lui, a dit à plusieurs reprises qu’il pourrait ou ne pourrait pas l’approuver. Rupert Hammond-Chambers, président du US-Taiwan Business Council, a dénombré quatre packages d’armements en attente pour Taïwan, dont deux ont été publiquement rapportés. Selon lui, « tout ce que le président a à faire, c’est de dire « go » », et les contrats suivent.

Il y a quelque chose de profondément cynique dans le fait de traiter les systèmes de défense d’un pays démocratique comme une monnaie d’échange. Trump utilise les armes de Taïwan comme on utilise un pion dans une partie d’échecs — alors que pour les Taïwanais, ce sont des vies, c’est leur survie. Je ne peux pas m’y faire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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