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COMMENTAIRE : Maduro capturé, Cuba en ligne de mire — l’Amérique latine au bord du gouffre interventionniste
Crédit: Adobe Stock

Un dossier judiciaire construit sur une décennie

L’inculpation fédérale de Maduro n’est pas née le 3 janvier 2026. Elle a été scellée en mars 2020 par le Département de Justice américain sous l’administration Trump, puis maintenue par l’administration Biden qui n’a pas osé en faire usage. Les charges sont précises et accablantes : Maduro aurait dirigé et alimenté pendant des années un réseau criminel — le « Cartel de los Soles », structure de trafic de drogue imbriquée dans l’appareil d’État vénézuélien — permettant l’exportation massive de cocaïne vers les États-Unis, avec la complicité des Forces armées bolivariennes. Tren de Aragua, le gang violent qui a terrorisé le sol américain ces dernières années, est également nommé dans les documents judiciaires.

En novembre 2025, l’administration Trump désigne le Cartel de los Soles comme organisation terroriste étrangère. Cette désignation, combinée à l’inculpation existante, fournit au Bureau du Conseil juridique de la Maison-Blanche le fondement légal nécessaire pour qualifier l’opération non pas d’acte de guerre mais d’« activité d’application de la loi à l’étranger avec soutien militaire ». La construction juridique est habile. Elle est aussi — pour un grand nombre de juristes internationalistes — fondamentalement insuffisante.

Le régime Maduro : un bilan qui force le regard

Pour comprendre pourquoi l’opération a suscité des scènes de liesse dans les rues de Caracas et dans les communautés vénézuéliennes de Miami, Doral ou Bogotá, il faut se souvenir de ce qu’était la Venezuela sous Maduro. Plus de sept millions de Vénézuéliens exilés — la plus grande crise migratoire de l’histoire récente de l’Amérique latine. Une hyperinflation qui a anéanti toute épargne. Des opposants torturés, emprisonnés, contraints à fuir. Des élections truquées en 2024, rejetées par l’opposition et par la communauté internationale. Edmundo González, candidat de l’opposition qui avait indiscutablement remporté le scrutin de juillet 2024, contraint à l’exil. Un régime qui utilisait les ressources pétrolières non pour nourrir sa population mais pour maintenir ses privilèges, financer la répression et courtiser Moscou, Pékin, Téhéran et La Havane.

Maduro n’était pas un dirigeant contesté dans la nuance : il était le chef d’un régime autoritaire responsable de crimes contre l’humanité — la justice argentine a d’ailleurs signé en février 2026 un mandat d’arrêt contre lui pour torture, détention arbitraire et disparitions forcées. La question n’est pas de savoir si sa chute mérite d’être pleurée. La question est de savoir si la méthode employée par Washington est soutenable, reproductible, et compatible avec l’ordre international qu’elle prétend défendre.


Maduro était une honte pour l’humanité. Je l’écris sans hésitation. Mais j’aurais souhaité que sa fin soit le résultat d’une pression démocratique, d’un tribunal international, d’un effondrement par manque de légitimité — pas d’un raid de nuit à 150 avions de combat. Parce que la façon dont on défait les tyrans dit quelque chose de nous-mêmes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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