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DÉCRYPTAGE : L’« Anti-Weaponization Fund » de Trump — 1,8 milliard bloqué par la juge Brinkema
Crédit: Adobe Stock

Un règlement à l’amiable entre Trump et son propre gouvernement

Pour comprendre l’Anti-Weaponization Fund, il faut remonter à janvier 2026, lorsque Donald Trump dépose une plainte civile contre l’IRS pour dix milliards de dollars, alléguant que ses déclarations fiscales ont été illicitement divulguées par un sous-traitant fédéral en 2019. Cette plainte est déjà contestée sur le fond par des observateurs juridiques, puisque Trump est simultanément plaignant et chef de l’exécutif superviseur de l’agence poursuivie. Avant même que l’affaire avance, le procureur général Blanche annonce un accord à l’amiable : Trump renonce à ses dix milliards, et en échange, le Département de justice crée le fonds de 1,776 milliard de dollars.

L’argent proviendra du Judgment Fund, une appropriation perpétuelle du Congrès permettant au Département de justice de régler des affaires sans vote spécifique des élus. Cinq commissaires seront nommés par le procureur général, avec un cinquième choisi en consultation avec les dirigeants du Congrès. Le président peut destituer n’importe quel commissaire sans cause. Le fonds cessera d’accepter des demandes au plus tard le 1er décembre 2028. Mais surtout, une annexe d’une page, signée par Blanche le 19 mai et discrètement jointe via un lien hypertexte dans un communiqué du Département de justice, stipule que le gouvernement est « à jamais interdit » de poursuivre toute action liée aux déclarations fiscales des plaignants — une exemption d’audit qui couvre Trump, ses fils et leurs entreprises pour une durée indéfinie.

Qui peut prétendre à ces indemnisations ?

Selon le Département de justice, « tout le monde peut déposer une demande » et il n’y a « aucune condition partisane ». Blanche soutient que des démocrates pourraient également en bénéficier. Mais la réalité structurelle du fonds contredit cette affirmation : les critères d’éligibilité sont définis par des commissaires nommés par le procureur général, lui-même nommé par Trump. Le fonds est explicitement conçu pour compenser les victimes de la « weaponization » par des administrations démocrates précédentes. Des centaines de personnes ayant participé aux événements du 6 janvier 2021 ont déjà déposé des demandes, certains avant même que le processus officiel ne soit établi.

L’ancien procureur Andrew Floyd, qui dirigeait la section Capitol Siege Task Force avant d’être licencié par le Département de justice en juillet 2025, est l’un des premiers plaignants à contester le fonds devant les tribunaux. Le leader des Proud Boys, Enrique Tarrio, condamné pour son rôle dans l’assaut du Capitole, a publiquement salué le fonds et annoncé son intention de déposer une demande d’indemnisation. Blanche lui-même, interrogé par des élus, a refusé d’exclure que des personnes condamnées pour avoir agressé des policiers le 6 janvier puissent recevoir des paiements — indiquant que ce serait aux commissaires de décider en fonction du « comportement de la personne, de sa peine, du temps passé en prison ».


La construction juridique de ce fonds me rappelle ces montages financiers opaques qu’on voit parfois dans des régimes qui commencent à glisser. On crée une structure formellement légale, alimentée par des fonds publics préexistants, gérée par des loyaux du régime, sans véritable contrôle du Congrès ni transparence sur les critères d’attribution. C’est peut-être techniquement permis par la loi. Mais ce n’est pas ce que devrait faire une démocratie digne de ce nom.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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