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ÉDITORIAL : Téléphoner à Poutine par-dessus Kyiv — la trahison que Trump s’apprête à commettre
Crédit: Adobe Stock

Un plan à vingt-huit points concocté sans l’Ukraine

Revenons aux faits. En novembre 2025, un plan de paix en vingt-huit points a circulé — élaboré par Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump, et Jared Kushner, gendre et conseiller du président, lors de négociations à Miami avec le conseiller financier du Kremlin Kirill Dmitriev. Ce document demandait à l’Ukraine de céder les régions du Louhansk et du Donetsk, de réduire son armée à 600 000 hommes, de renoncer à toute adhésion à l’OTAN, et de reconnaître le russe comme langue officielle. En échange, la Russie serait réintégrée au G8 et les sanctions seraient levées.

Ce plan — qui épousait presque point par point les demandes maximales de Moscou — a été présenté à Zelensky comme un «cadre de travail». L’Ukraine a refusé les éléments les plus inacceptables. Une version révisée à vingt points a ensuite circulé, incluant des garanties de sécurité, une voie vers l’adhésion à l’UE, et une armée ukrainienne de 800 000 hommes. Mais même cette version révisée laissait les questions territoriales fondamentales sans réponse satisfaisante — et Poutine, lui, exigeait toujours le retrait total de l’Ukraine du Donbas.

Le sommet d’Alaska et ses «accords» fantômes

Le 15 août 2025, Trump et Poutine se sont retrouvés à Anchorage, en Alaska — le premier homme à diriger la Russie à fouler le sol américain depuis 2022. Le sommet s’est terminé sans accord formel, sans cessez-le-feu, sans Zelensky. Les deux dirigeants ont évoqué «des progrès significatifs». Depuis lors, Poutine n’a cessé d’invoquer les «accords d’Anchorage» comme base de toute négociation — des accords dont personne ne connaît précisément le contenu, mais dont les bribes rapportées par Bloomberg suggèrent que Trump aurait accepté le principe du retrait ukrainien de l’ensemble du Donetsk et du Louhansk.

Zelensky, lui, n’était pas dans la pièce. Il a appris les résultats lors d’un appel téléphonique le lendemain. C’est la souveraineté ukrainienne qui a été négociée à Anchorage, et l’Ukraine n’y avait pas de siège. Lavrov l’a dit clairement le 15 juin 2026 depuis Moscou : «Poutine a accepté les propositions du président Trump, et nous attendons que la position convenue sur la base de la proposition américaine soit mise en œuvre.» Traduction : ce que Trump a dit à Poutine en privé lie l’Ukraine sans que l’Ukraine ait jamais consenti.


Il y a quelque chose d’obscène dans cette image : deux hommes, dans une base militaire en Alaska, qui décident du sort de millions d’Ukrainiens. Deux hommes qui n’ont pas subi une seule frappe de missile, qui n’ont pas enterré un enfant tué par une bombe russe, qui ne passent pas leurs nuits dans un abri. Je ne prétends pas tout savoir des subtilités diplomatiques, mais je sais distinguer la légitimité de son absence.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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