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ENQUÊTE : 13 pays privés de TPS — la carte d’une politique migratoire ciblée
Crédit: Adobe Stock

Ce que ce statut signifie concrètement

Le TPS n’est pas un cadeau ni une exception : c’est un mécanisme prévu par la loi américaine pour gérer des situations dans lesquelles renvoyer des personnes dans leur pays d’origine constituerait une mise en danger objective. La loi de 1990 autorise le secrétaire à la Sécurité intérieure à désigner un pays pour le TPS si ce pays est frappé par un conflit armé, une catastrophe environnementale ou d’autres conditions extraordinaires — à condition que cette désignation soit faite en consultation avec les autres agences concernées, notamment le Département d’État. Ce détail de procédure — la consultation obligatoire — est au cœur des batailles judiciaires en cours en juin 2026.

Au moment où Trump a repris le pouvoir en janvier 2025, près de 1,3 million de personnes bénéficiaient du TPS depuis dix-sept pays. Selon les données de la Kaiser Family Foundation (KFF), publiées en mai 2026, les révocations déjà entrées en vigueur au 31 mars 2026 — pour l’Afghanistan, le Cameroun, le Honduras, le Népal, le Nicaragua et le Venezuela — touchaient déjà quelque 320 000 individus. Si l’ensemble des révocations contestées en justice aboutissait, ce serait plus d’un million de personnes qui perdraient ce statut.

Le paradoxe de la «temporalité» invoquée

L’argument central de Noem et de l’administration Trump est que le TPS a été «dévoyé» de son intention originale de protection temporaire et transformé en résidence quasi-permanente. «L’administration restitue le TPS à son but temporaire originel», a déclaré Noem en mai 2025 lors de l’annonce de la fin du statut pour l’Afghanistan. L’argument a une apparence de cohérence — sauf qu’il s’applique uniquement à des pays dont les conditions objectives n’ont pas cessé de se détériorer.

Haïti n’a jamais récupéré du séisme de magnitude 7,0 de 2010, qui a tué 300 000 personnes. Après l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021, le pays est plongé dans le chaos des gangs armés. Le Département d’État américain maintient une recommandation formelle de «ne pas voyager» vers Haïti, citant les risques d’enlèvements, d’agressions sexuelles et de vols. Le Yémen, la Somalie, l’Afghanistan, le Soudan du Sud : le même constat s’impose dans chaque cas. La «temporalité» invoquée par Noem ressemble moins à un principe qu’à un prétexte.


La temporalité, c’est le mot qui sert à tout faire rentrer dans le cadre du «c’est légal». Mais quand tu renvoies quelqu’un vers un pays où le Département d’État lui-même dit «ne voyagez pas, pour aucune raison», tu ne gères plus un programme d’immigration. Tu sauves les apparences d’une décision prise ailleurs, pour d’autres raisons.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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