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ÉDITORIAL : « Witch hunt » — quand la Maison-Blanche transforme l’impeachment en martyre politique
Crédit: Adobe Stock

« Witch hunt » : anatomie d’un slogan de survie

Le terme « chasse aux sorcières » a une histoire précise dans le vocabulaire politique américain. Il évoque le maccarthysme, les purges idéologiques, les procès truqués. L’utiliser face à un impeachment constitutionnellement initié par la Chambre des représentants, c’est opérer un glissement sémantique massif. Trump l’a employé pour la première fois de façon systématique en 2017 face à l’enquête Mueller. Depuis, le mot est devenu réflexe défensif universel : Russia hoax, premier impeachment Ukraine, second impeachment janvier 2021, dossier Epstein, et maintenant les nouvelles menaces d’impeachment pour un éventuel troisième round si les démocrates reprennent la Chambre en novembre 2026.

Le sénateur Tommy Tuberville l’a encore répété en mai 2026 : « Des centaines d’Américains innocents ont été derrière les barreaux pendant cinq ans à cause de cette chasse aux sorcières fabriquée » — évoquant les poursuites liées au 6 janvier. Cette rhétorique de la persécution se propage du sommet vers la base, contaminant chaque échelon du parti républicain. Elle crée une réalité alternative où l’exercice normal du contrôle parlementaire devient une arme politique illégitime.

L’« anti-weaponization fund » : la victimisation monétisée

En mai-juin 2026, l’administration Trump a tenté de créer un fonds anti-weaponisation de 1,8 milliard de dollars destiné à indemniser les « victimes de lawfare » — entendez, les partisans républicains poursuivis en justice. Cette initiative a été bloquée par un juge fédéral puis enterrée par le procureur général par intérim Todd Blanche (« Nous n’allons pas de l’avant avec le fonds, point final »), mais son existence même est éloquente : le narratif de victimisation avait atteint un tel degré de maturité que l’administration cherchait à le monétiser directement sur fonds publics.

David Corn, dans Mother Jones, a mis les pieds dans le plat : la prémisse fondamentale du fonds — que des administrations passées ont armé l’État contre Trump et ses alliés — est, selon lui, « une foutaise complète ». Les trois grandes enquêtes sur la Russie — le rapport de l’inspecteur général du DOJ en 2019, le rapport bipartisan du Comité sénatorial du renseignement en 2020, le rapport final de John Durham en 2023 — ont toutes conclu que l’enquête était légitime, même si certaines pratiques du FBI étaient critiquables.


Ce fonds anti-weaponisation me fascine autant qu’il me révolte. C’est la victimisation érigée en politique budgétaire. Ce n’est plus « nous sommes persécutés », c’est « vous allez payer pour notre persécution imaginaire ». Il fallait oser. Et Trump a osé. C’est ça, le génie noir de cette rhétorique.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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