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ENQUÊTE : Le « coup rampant » — gerrymandering, SAVE Act et la stratégie pour verrouiller les midterms 2026
Crédit: Adobe Stock

Un redécoupage taillé sur mesure pour cinq sièges supplémentaires

Le Texas est le terrain expérimental central de cette stratégie. En août 2025, les républicains de la législature d’État, agissant sur ordre explicite de Trump, ont redessiné la carte des 38 circonscriptions congressionnelles de l’État dans le seul but de créer cinq sièges supplémentaires favorables aux républicains. Les républicains y contrôlent déjà 25 des 38 sièges. Ce n’était donc pas une nécessité démographique — c’était un calcul cynique de maximisation du pouvoir. La nouvelle carte réduisait le nombre de circonscriptions à majorité minoritaire de 16 à 14 et éliminait cinq districts de coalition, ces circonscriptions où Noirs et Latinos votaient ensemble pour leurs candidats.

Cinq des six parlementaires démocrates redistribués dans des districts fusionnés lors des audiences d’El Paso étaient Noirs ou Latino. La coïncidence géographique a les traits d’une intention raciale. Les groupes de défense des droits civiques ont saisi les tribunaux. Un panel de trois juges fédéraux a tranché le 4 juin 2026 : Texas ne peut pas utiliser cette nouvelle carte pour les élections de 2026, le tribunal l’a jugée racialmente gerrymanderée. Texas devra utiliser les lignes de 2021. Jusqu’à cinq sièges républicains supplémentaires se retrouvent donc bloqués.

La riposte judiciaire et ses limites

La décision est une victoire — mais fragile. Les juges ont signalé qu’ils pourraient attendre des décisions supplémentaires de la Cour suprême des États-Unis, et que la bataille juridique pourrait durer des années. Pendant ce temps, dans d’autres États, les cartes tiennent. En Louisiane, en Alabama, au Tennessee, en Floride, des redécoupages favorables aux républicains ont été validés ou n’ont pas encore été bloqués. La Cour suprême elle-même a joué un rôle clé dans cet engrenage : son arrêt Louisiana v. Callais de fin avril 2026 a ouvert de nouvelles voies au gerrymandering partisan dans le Sud, en affaiblissant considérablement la section 2 du Voting Rights Act.

Cette décision de la Cour suprême a libéré des États comme la Louisiane, l’Alabama et le Tennessee, qui ont pu se concentrer sur le démantèlement des circonscriptions où les électeurs noirs avaient réussi à élire leurs candidats préférés. La Floride, elle, a agi de manière préventive. Dans l’Alabama, une décision d’un panel de trois juges — dont deux nommés par Trump — a bien bloqué une carte éliminant un district à majorité noire, mais cette victoire judiciaire reste l’exception dans un paysage de résignation institutionnelle.


Je ne peux pas rester neutre face à des cartes électorales conçues pour que des citoyens noirs et latinos voient leur vote dilué. C’est une tache morale sur la démocratie américaine, aussi ancienne que le nom de Elbridge Gerry lui-même — mais ici, l’ampleur et la coordination atteignent quelque chose de nouveau et d’inquiétant.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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