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REPORTAGE : Niño Guerrero abattu au Venezuela — la guerre cinétique de Trump contre le Tren de Aragua
Crédit: Adobe Stock

Des cellules de Tocorón à un empire transnational

Pour comprendre pourquoi cette frappe a secoué l’hémisphère, il faut revenir à l’origine de la bête. Le Tren de Aragua est né il y a plus d’une décennie dans les murs de la prison de Tocorón, dans l’État vénézuélien d’Aragua, d’où il tire son nom. À l’époque, c’était un gang de détenus comme tant d’autres dans les établissements pénitentiaires surpeuplés et corrompus de la République bolivarienne. Ce qui le distinguait, c’est que ses dirigeants ont compris très tôt comment monétiser le chaos ambiant, en exploitant la décomposition progressive de l’État vénézuélien sous Maduro pour transformer une bande de prison en entreprise criminelle verticalement intégrée.

En quelques années, le Tren de Aragua a étendu ses tentacules bien au-delà des barreaux. La migration de masse des Vénézuéliens — six millions de personnes déplacées par la crise économique, la répression politique et l’effondrement des services publics — a fourni un réservoir de recrutement inépuisable. La bande a suivi ses membres potentiels en Colombie, en Équateur, au Chili, au Pérou et jusqu’aux États-Unis. Héctor Guerrero est crédité d’avoir supervisé cette expansion, transformant un gang de prison localisé en réseau criminel transnational capable de kidnappings, de trafic humain, de prostitution forcée, de narcotrafic et d’extorsion à l’échelle continentale.

La désignation terroriste et l’inculpation américaine

En février 2025, l’administration Trump a franchi un pas décisif en inscrivant formellement le Tren de Aragua sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’État. Cette désignation a eu des conséquences juridiques et opérationnelles profondes : elle a ouvert la voie à des financements, des sanctions et, surtout, à l’invocation de pouvoirs militaires qui n’auraient autrement pas pu être mobilisés contre un groupe criminel. En décembre 2025, un grand jury fédéral de New York a mis en examen Guerrero pour racket, soutien au terrorisme, trafic de drogues et infractions aux armes à feu. Le Département d’État avait placé sa tête à prix jusqu’à cinq millions de dollars.

La logique de l’administration était claire : si un groupe peut être qualifié de terroriste, alors il peut être traité comme l’État islamique ou Al-Qaïda — c’est-à-dire ciblé par des frappes militaires létales, sans procès, sans arrestation, sans les contraintes du droit pénal ordinaire. Comme l’a dit Pete Hegseth : « Nous avons traité ces organisations terroristes étrangères de la même façon [que nous l’avons fait au Moyen-Orient]. » C’est une équivalence qui mérite d’être examinée minutieusement, car elle redéfinit unilatéralement ce que signifie être en guerre.


L’équivalence entre un gang criminel et une organisation djihadiste me paraît franchement forcée. Al-Qaïda a planifié des attaques suicides de masse contre des symboles de la civilisation occidentale. Le Tren de Aragua est, au fond, une entreprise criminelle qui veut faire de l’argent. C’est horrible, c’est violent, ça tue des gens — mais ce n’est pas la même chose. L’étirement sémantique du mot « terroriste » finit par tout vouloir dire, et donc ne rien dire du tout.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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