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TÉMOIGNAGE : Bondi, Patel et la destruction silencieuse du DOJ et du FBI de l’intérieur
Crédit: Adobe Stock

Une procureure générale qui ne savait rien de rien

Le 29 mai 2026, Pam Bondi, alors déjà renvoyée de son poste de procureure générale par Trump en avril, comparaissait à huis clos devant la commission de supervision de la Chambre des représentants. Le sujet : la gestion désastreuse par le DOJ des fichiers Jeffrey Epstein. Selon la transcription officielle publiée par la commission, Bondi a expliqué qu’elle n’avait pas supervisé chaque composante des efforts du département. Elle a reconnu que des erreurs de caviardage avaient eu lieu lors de la publication des documents. Mais pour le reste, elle a renvoyé vers son successeur désigné, Todd Blanche, qu’elle a cité 30 fois en une seule audition selon le représentant démocrate Robert Garcia.

Garcia, dans une lettre envoyée au président de la commission James Comer le 2 juin 2026, a résumé l’attitude de Bondi en ces termes : « Plutôt que de fournir des réponses dans son témoignage, Mme Bondi a systématiquement reporté la responsabilité sur le procureur général par intérim Todd Blanche. » C’est une stratégie de défense connue — la chaîne de déresponsabilisation — mais elle prend une dimension singulière quand elle vient de la plus haute responsable juridique du pays, censée rendre des comptes sur des fichiers que des victimes d’abus attendent depuis des années.

Le rôle de Kash Patel dans les fichiers Epstein selon Bondi elle-même

Ce qui rend le témoignage de Bondi encore plus révélateur, c’est ce qu’elle a dit sur le directeur du FBI. Selon Garcia, « par son propre récit, le directeur Patel était impliqué dans la localisation, l’examen et éventuellement le caviardage des dossiers du FBI relatifs à Jeffrey Epstein. Mme Bondi a même exprimé des inquiétudes selon lesquelles le FBI avait antérieurement retenu des documents au DOJ. » Autrement dit, l’ancienne cheffe du DOJ accusait, devant le Congrès, le directeur du FBI d’avoir potentiellement soustrait ou altéré des pièces. C’est une déclaration d’une portée considérable. Elle a pourtant à peine fait surface dans les médias grand public.

La commission de supervision — alors sous contrôle républicain — n’a pas enregistré l’audition en vidéo. Les démocrates ont demandé des entretiens séparés, filmés, avec Blanche et Patel. Comer a esquivé. L’Amérique se retrouve ainsi dans la situation absurde où les personnes les plus directement mises en cause dans une affaire de dissimulation institutionnelle historique refusent, ou ne sont pas contraintes, de s’expliquer devant les représentants élus du peuple. Pour quiconque croit en la démocratie libérale, c’est un signal d’alarme.


Quand j’ai lu que Bondi avait cité Blanche 30 fois en une seule audition, j’ai eu un flashback : c’est exactement ce que font les témoins qui savent pertinemment qu’ils sont dans le collimateur mais qui ont décidé de ne rien lâcher. Trente fois. Ce n’est pas une erreur de communication. C’est une stratégie. Et c’est ça, peut-être, le témoignage le plus édifiant de toute cette affaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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