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CHRONIQUE : Le bassin bleu de l’ego — Trump, les grands travaux et le narcissisme du pouvoir
Crédit: Adobe Stock

De 1,8 million à 14,7 millions : l’arithmétique de l’ego

L’histoire commence en avril 2026, quand Trump annonce que le bassin réfléchissant du Lincoln Memorial — ce plan d’eau de 610 mètres de long, vieux de plus d’un siècle — doit être rénové. Il le dit lui-même : « J’ai un gars qui est incroyable pour les piscines », confie-t-il aux journalistes dans le Bureau ovale, ajoutant qu’il a bâti « plus de 100 piscines » dans sa vie. Ce gars, ce sera Atlantic Industrial Coatings, une entreprise de Virginie dont le principal titre de gloire est d’avoir travaillé sur les piscines d’un club de golf de Trump à Sterling, en Virginie. Le tout dans le cadre d’un contrat de gré à gré — sans appel d’offres.

Le budget annoncé : 1,8 million de dollars. Le coût final, révélé par le New York Times puis corroboré par le résumé de contrat du ministère de l’Intérieur : 14,7 millions de dollars. Une multiplication par huit. L’entreprise n’avait aucun antécédent dans les marchés publics fédéraux, ont rapporté les médias. Un deuxième contrat de gré à gré, accordé à une entreprise de l’Ohio liée à un donateur de Trump selon CBS News, a ajouté 1,1 million de dollars supplémentaires pour traiter les algues avec une technologie dite « nanobubbler ». En juin 2026, le Gardien rapportait que les dernières finitions avaient été posées et que le système était activé. Trump annonçait sur Truth Social que le public serait encore en admiration devant ce bassin dans un siècle.

Un bleu « drapeau américain » qui vire au vert

Le problème, c’est que la peinture s’est mise à s’écailler. Et que l’eau a viré au vert. Des proliférations d’algues — du genre Desmodesmus, selon des écologistes aquatiques interrogés par NPR — ont envahi le bassin quelques jours après son remplissage. Des scientifiques de l’université George Mason, ayant prélevé des échantillons, ont confirmé que ces algues n’étaient pas toxiques, qu’elles résultaient d’un phénomène naturel courant dans les plans d’eau peu profonds exposés au soleil, et que la rénovation avait probablement perturbé l’équilibre nutritif du bassin. Des nettoyeurs ont été aperçus à genoux dans l’eau pour gratter les algues, quelques jours seulement après que le bassin avait été déclaré « parfait » par les responsables.

La représentante du ministère de l’Intérieur, Katie Martin, a expliqué à CNN que les algues provenaient de « résidus dans les conduites d’alimentation » qui étaient restées inactives pendant huit semaines durant la construction — « une partie du processus normal de démarrage », dit-elle. Entre-temps, Trump affirmait sur Truth Social que le bassin n’avait « jamais été aussi beau qu’il y a une semaine, même comparé à son inauguration en 1922 » — une erreur factuelle, le bassin ayant officiellement ouvert en 1923, corrige NPR. Mais les faits n’ont jamais été le point fort de ce récit.


Ce moment est presque comique si les enjeux n’étaient pas aussi sérieux. Un président qui se vante d’un chef-d’œuvre en cours d’écaillage, qui se trompe de date d’inauguration, et dont les experts corrigent les affirmations en temps réel — ce n’est pas de la mauvaise foi, c’est de la dissociation entre la réalité et l’image qu’on veut projeter.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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