Skip to content
COMMENTAIRE : Bruxelles sort les griffes — l’UE veut sanctionner les banques chinoises de Poutine
Crédit: Adobe Stock

La façade diplomatique de la neutralité bienveillante

Depuis le 24 février 2022, la Chine maintient une posture officielle de neutralité dans le conflit russo-ukrainien. Les porte-paroles du ministère des Affaires étrangères — de Lin Jian à Guo Jiakun — récitent invariablement le même catéchisme : Pékin respecte le droit international, s’oppose aux sanctions unilatérales non autorisées par le Conseil de sécurité de l’ONU, et estime que les échanges commerciaux entre la Chine et la Russie sont «légitimes et légaux». Cette dernière formule — utilisée par le porte-parole Guo Jiakun en août 2025 en réponse aux menaces américaines — est révélatrice d’une stratégie parfaitement rodée : revendiquer la légalité formelle tout en organisant le contournement pratique des restrictions occidentales.

En face de cette posture officielle, les faits sont accablants. L’envoyé spécial de l’UE pour les sanctions, David O’Sullivan, l’a dit sans ambages à Euronews le 3 juin 2026 : «La Chine reste un très gros problème» pour l’efficacité des restrictions occidentales. Aucun signe d’atténuation. Des dizaines d’entreprises chinoises ont été désignées dans les paquets successifs. Et pourtant, le flux de composants dual-use, de services financiers et d’hydrocarbures achetés à prix réduit continue de nourrir la machine de guerre russe.

Les banques : dernier maillon de la chaîne du financement de guerre

La sanction de banques constitue un saut qualitatif décisif. Sanctionner une entreprise qui fabrique des drones, c’est couper un approvisionnement spécifique. Sanctionner une banque, c’est attaquer le système circulatoire même de la relation économique entre deux pays. C’est contraindre des acteurs financiers chinois à choisir entre leurs relations avec le marché européen — et mondial, tant que le dollar reste roi — et leurs services à des entités russes frappées par des restrictions.

Le précédent existe déjà. En août 2025, l’UE avait sanctionné deux petites banques régionales chinoises pour fourniture de «services de crypto-actifs» à la Russie — une première historique. La réponse de Pékin avait été mécanique et prévisible : le ministère du Commerce annonçait des sanctions de rétorsion contre deux banques lituaniennes, UAB Urbo Bankas et AB Mano Bankas. Ce jeu de représailles révèle moins la force de Pékin que son inconfort profond face à une pression qui commence à mordre.


Ce qui me frappe dans cette mécanique, c’est l’asymétrie totale des enjeux. Quand Pékin sanctionne deux banques lituaniennes en représailles, personne ne tremble à Bruxelles. Mais quand Bruxelles désigne une banque chinoise, des directeurs de conformité dans des établissements de Shanghaï ou de Pékin commencent à transpirer. C’est là que réside le levier réel — et Bruxelles commence enfin à l’utiliser.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu