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DÉCRYPTAGE : Les 60 économies dans le viseur de Trump, entre travail forcé et surcapacité chinoise
Crédit: Adobe Stock

Deux vitesses, deux justifications

L’architecture des nouveaux tarifs est construite sur une logique binaire. Dans le premier groupe, soumis au taux de 10 %, figurent le Canada, le Mexique, l’Union européenne, Taiwan, le Royaume-Uni, l’Australie, le Japon, l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh, la Malaisie, l’Argentine, le Cambodge, El Salvador, le Guatemala et d’autres encore. Ces pays ont des interdictions d’importation de biens produits par le travail forcé, ou ont pris des engagements dans des accords de libre-échange — mais l’USTR a jugé leur application insuffisante. Dans le second groupe, frappé à 12,5 %, se trouvent les 46 pays restants : la Chine, le Brésil, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Suisse, le Vietnam, la Russie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Israël, la Turquie et des dizaines d’autres. Leur crime commun : n’avoir aucune législation effective contre les importations issues du travail forcé.

Ce classement n’est pas anodin. Selon l’analyse du cabinet Miller Chevalier, basée sur la notice du Federal Register, l’USTR reconnaît explicitement que certains partenaires comme le Canada ou le Royaume-Uni ont des lois — la Modern Slavery Act britannique étant régulièrement citée comme exemple — mais les juge insuffisamment appliquées dans les faits. C’est une posture juridiquement précaire mais politiquement puissante : elle permet de frapper des alliés proches sans avoir à les accuser de complicité active avec le travail forcé.

Les exemptions qui en disent long

Tout aussi révélatrices sont les exemptions prévues dans l’Annexe A de la proposition. Les produits déjà soumis aux tarifs Section 232 — c’est-à-dire l’acier, l’aluminium, le cuivre — seraient exemptés de cette nouvelle couche tarifaire, pour éviter un empilement incontrôlable. Les biens USMCA-conformes du Canada et du Mexique bénéficieraient également d’exemptions. Mais le cabinet Miller Chevalier note une lacune importante : contrairement aux tarifs Section 122, cette proposition ne prévoit pas les mêmes exemptions pour certains codes douaniers du Chapitre 98 permettant des importations en franchise, notamment les dispositions agricoles. Ce sont ces détails techniques qui font la différence entre une mesure symbolique et un vrai choc sur les chaînes d’approvisionnement.


Il y a quelque chose d’ironique dans le fait que l’Union européenne, championne autoproclamée des droits sociaux et du travail décent, se retrouve dans le même panier que des régimes autoritaires — certes à un taux plus bas. Ce n’est pas entièrement injuste : l’interdiction européenne sur les importations de produits issus du travail forcé n’entrera en vigueur qu’en décembre 2027. Trump n’invente rien ici. Il pointe une incohérence réelle, même si ses méthodes font grincer des dents.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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