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ENQUÊTE : Fichiers Epstein — comment la justice force le DOJ de Trump à rendre des comptes
Crédit: Adobe Stock

Un texte bipartisan adopté à la quasi-unanimité

L’Epstein Files Transparency Act n’est pas une initiative démocrate ou un gadget partisan. Ses co-auteurs principaux sont les représentants Ro Khanna (démocrate) et Thomas Massie (républicain) — un tandem bipartisan rare dans l’Amérique polarisée de 2025. La loi passe au Sénat à l’unanimité et à la Chambre par 427 voix contre 1. Elle oblige le DOJ à publier tous les fichiers non classifiés liés à Epstein, Maxwell, leurs réseaux et leurs crimes — avec des caviardages strictement limités à la protection des victimes. La politique ne peut légalement justifier aucune censure.

Ce cadre législatif est crucial, car c’est lui qui donne aujourd’hui sa force aux décisions de justice. Quand les tribunaux fédéraux ordonnent au DOJ d’accélérer la production de documents, ils s’appuient sur une loi que Trump lui-même a promulguée, signée de sa propre main. L’administration se retrouve dans la position absurde de violer son propre mandat législatif, contraint de reculer sous la pression conjuguée des juges et du Congrès.

La publication chaotique et ses victimes collatérales

La façon dont le DOJ a procédé à la divulgation est elle-même problématique. Alors que la loi ordonnait de protéger l’identité des victimes, le déploiement des documents a paradoxalement révélé les noms de survivantes — des Jane Does mentionnées plus de 500 fois dans les fichiers, accompagnées de photos à caractère sensible. Parallèlement, les noms de nombreux hommes puissants faisaient l’objet de caviardages non justifiés. Un groupe de 18 femmes a publiquement dénoncé cette inversion perverse : « Une fois de plus, les survivantes voient leurs noms et informations personnelles exposés, tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés. »

CBS News a retrouvé un exemple saisissant de ce double standard : une photo de Steve Bannon avait son visage caviardé — une image pourtant déjà disponible en ligne. Après que CBS News a contacté le DOJ, la photo a été silencieusement décaviardée, ainsi que deux courriels. L’un de ces courriels décaviardés révélait que l’expéditeur était l’ancien diplomate britannique Peter Mandelson — qui avait été arrêté plus tôt dans l’année pour suspicion d’avoir transmis des documents sensibles à Epstein.


La logique de cette publication est à l’envers. On protège les puissants, on expose les victimes. Et quand des journalistes identifient les erreurs, elles sont corrigées en catimini, sans explication, sans responsable désigné. C’est exactement le genre de transparence sélective que la loi était censée interdire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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