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REPORTAGE : Hausse de 75% des frais USCIS — L’Amérique ferme la porte aux immigrés pauvres
Crédit: Adobe Stock

Un filet de sécurité arraché

Les fee waivers — dispenses de frais — n’étaient pas une générosité. Ils étaient le résultat de décennies de politique publique fondée sur un constat simple : la naturalisation bénéficie autant à la société qu’à l’individu. Un citoyen intégré paye des impôts plus élevés, vote, participe à la vie civique, s’investit dans sa communauté. Les administrations successives, républicaines et démocrates, avaient maintenu des mécanismes d’accès pour les immigrants à revenus modestes. Le gouvernement Biden, dans sa règle de 2024, avait codifié et élargi ces critères. La proposition du DHS sous l’administration Trump revient sur cet acquis de manière frontale.

Actuellement, un immigrant peut obtenir la dispense totale en prouvant l’une de ces trois conditions : revenu insuffisant, bénéfice de prestations publiques, ou difficultés financières avérées. Sous le régime proposé, aucune de ces trois portes ne resterait ouverte pour les formulaires N-400 et N-336. L’avocate en immigration Rosanna Berardi, basée à Buffalo (New York), l’a dit à ABC7 sans ambages : « Cette proposition est entièrement cohérente avec le message plus large de l’administration Trump, qui veut rendre l’immigration légale plus difficile, plus coûteuse et moins accessible — pas seulement l’immigration illégale. »

Le formulaire N-336 : quand l’appel devient inaccessible

Le formulaire N-336, moins connu du grand public, est le recours dont disposent ceux dont la demande de naturalisation a été refusée. Il permet de contester le refus devant un officier d’immigration. Actuellement tarifé à 830 dollars sur papier, il passerait à 1 475 dollars — soit une hausse de 78 %. Pour un ménage dont la demande a déjà été rejetée, souvent pour des raisons administratives contestables, payer plus de 1 400 dollars pour avoir le droit de se défendre constitue un obstacle formidable. Le droit d’appel existe en théorie. En pratique, il devient le privilège de ceux qui peuvent se le permettre.

L’avocate Berardi a résumé l’effet d’ensemble dans une formulation que je trouve redoutablement juste : « Quand vous augmentez simultanément les frais, supprimez les dispenses et ajoutez de nouveaux niveaux de vérification comme des contrôles de voisinage et un examen élargi du « bon caractère moral », vous ne rationalisez pas un système. Vous construisez des murs à l’intérieur. » Des murs à l’intérieur — pour ceux qui sont déjà légalement à l’intérieur.


L’expression « murs à l’intérieur » m’a frappé. Elle dit quelque chose d’essentiel sur cette administration : ce n’est pas seulement la frontière physique qui est renforcée. C’est le chemin vers la pleine appartenance qui est semé d’embûches financières. Un résident permanent légal depuis cinq ans, qui a tout fait bien, se retrouve piégé non pas par son dossier mais par son solde bancaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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