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ENQUÊTE : Le Sénat vote pour le logement — et glisse l’interdiction des CBDC dans les valises
Crédit: Adobe Stock

Quand les jeunes Américains ne peuvent plus rêver de propriété

Pour comprendre pourquoi ce projet de loi a reçu un tel soutien bipartisan, il faut regarder la réalité du marché immobilier américain. Le sénateur Tim Scott a évoqué en séance son enfance dans des quartiers pauvres de Caroline du Sud, entassé dans de petits logements locatifs, et le sentiment que le rêve américain lui était inaccessible. Il a ensuite tracé le parallèle avec la génération actuelle : des jeunes qui retardent le mariage, renoncent à avoir des enfants et ne s’enracinent nulle part — non par manque d’ambition, mais parce que les prix de l’immobilier sont devenus inabordables.

La crise est réelle et documentée. Les réglementations fédérales représentent environ un quart du coût de construction d’une nouvelle maison. Les fonds d’investissement institutionnels se sont approprié une part croissante du parc de maisons individuelles. Le marché locatif étouffe les locataires. La loi ROAD to Housing s’attaque frontalement à ces trois failles : déréglementation de la construction, interdiction aux grands investisseurs institutionnels d’acheter davantage de maisons individuelles s’ils en détiennent déjà 350 ou plus, et programmes pilotes pour financer des rénovations et du logement abordable.

Elizabeth Warren, la convertie inattendue

La sénatrice Elizabeth Warren a déclaré depuis le plancher du Sénat : « Le projet de loi que nous adoptons aujourd’hui envoie un message clair à chaque Américain qui peine à trouver un logement abordable : les élus comprennent le problème et font vraiment quelque chose pour le résoudre. » Elle a aussi savouré le moment sur la question des fonds de capital-investissement : « Le Congrès n’a jamais tenu le capital-investissement responsable de quoi que ce soit — aujourd’hui, ça change. »

Warren est une farouche adversaire des CBDC sous une certaine forme — du moins des versions trop surveillancières. Son acceptation de la clause anti-CBDC dans ce texte est donc emblématique : les démocrates ont cédé sur la monnaie numérique pour obtenir ce qui leur tenait à cœur sur le logement et sur la régulation de Wall Street. C’est le prix d’un compromis dans une Amérique où les majorités sont fragiles et où chaque vote compte double.


Warren a bâti sa carrière sur la protection du consommateur contre les abus financiers. Voir son nom attaché à une loi qui interdit un outil potentiel de surveillance monétaire — alors même que certains républicains libertaires l’auraient défini comme exactement ça — est un paradoxe savoureux qui dit beaucoup sur l’état du débat politique américain.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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