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FACT-CHECK : Trump prétend que ses tarifs remboursent la dette — les chiffres disent autre chose
Crédit: Adobe Stock

Ce que le CBO dit vraiment

Le Congressional Budget Office, institution non partisane du Congrès américain, a publié son Monthly Budget Review pour mai 2026 le 8 juin 2026. Ce document est la référence chiffrée la plus fiable disponible à ce jour. Les chiffres sont sans ambiguïté : les recettes issues des droits de douane pour les huit premiers mois de l’année fiscale 2026 (octobre 2025 – mai 2026) s’élèvent à 189 milliards de dollars. C’est plus du double par rapport aux 81 milliards collectés sur la même période l’année précédente, soit une augmentation de 132 % — ou 107 milliards de dollars supplémentaires. Impressionnant en apparence. Dévastateur en contexte.

Car sur cette même période, le gouvernement américain a dépensé 742 milliards de dollars uniquement pour servir sa dette — payer les intérêts, pas rembourser le capital. Cela représente une augmentation de 68 milliards, soit 10 %, par rapport à l’année précédente. Le CBO attribue cette hausse à deux facteurs structurels : une dette globale plus importante et des taux d’intérêt à long terme plus élevés. Les 189 milliards de recettes tarifaires ne représentent donc que 25,5 % du seul service de la dette. Trump prétend rembourser la dette. Ses tarifs ne couvrent même pas un quart des intérêts annuels.

Le 25 % — un plafond, pas un plancher

Le chiffre de 25 % mérite une explication supplémentaire, car il est déjà optimiste dans le contexte actuel. Il correspond à la période d’octobre à avril 2026, avant que le gouvernement ne commence à rembourser les droits de douane annulés par la Cour suprême des États-Unis en février 2026. En mai 2026, les remboursements ont effacé quasiment l’intégralité des recettes tarifaires du mois : le gouvernement a collecté 21,93 milliards en droits de douane… et en a remboursé 21,97 milliards. Le solde net pour le mois de mai : négatif. Pratiquement zéro. Voire légèrement dans le rouge.

Ce phénomène est la conséquence directe de la décision de la Cour suprême de février 2026, qui a jugé inconstitutionnelle une grande partie des tarifs d’urgence imposés par Trump sous l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). Selon Reuters, le gouvernement est redevable de 165 à 182 milliards de dollars en remboursements aux importateurs. Cela signifie que même les 189 milliards accumulés depuis octobre — le chiffre sur lequel s’appuie toute la rhétorique présidentielle — sont en train de fondre comme neige au soleil. La colonne « recettes tarifaires » du grand livre fédéral est en cours d’effacement partiel.


Il faut appeler les choses par leur nom : quand les remboursements égalent les recettes, on n’a pas une politique fiscale, on a un mirage fiscal. Et Trump continue d’en parler comme d’une révolution budgétaire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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