Skip to content
PORTRAIT : Pezeshkian, le chirurgien entre deux feux — réformiste ou otage du régime ?
Crédit: Adobe Stock

L’entrée en politique par la petite porte

Pezeshkian entre en politique en 1997, quand le président réformiste Mohammad Khatami le nomme vice-ministre de la Santé. Il n’a alors aucune notoriété nationale, aucun réseau partisan solide. Son atout : une réputation de technicien honnête, d’administrateur compétent, d’homme qui ne vole pas. Dans un pays où la corruption est structurelle, c’est déjà une distinction. Khatami le promut ministre de la Santé lors de son second mandat, de 2001 à 2005. Durant cette période, il étend l’assurance-maladie à près de 25 millions de ruraux et double presque le budget du ministère — des chiffres concrets, vérifiables, qui tranchent avec les rodomontades habituelles du régime.

Après la fin de l’ère Khatami, il se tourne vers le Parlement. Élu représentant de Tabriz, Osku et Azarshahr à partir de 2008, il y restera jusqu’en 2024, réélu cinq fois. Il accède au poste de premier vice-président du Parlement de 2016 à 2020. Ces années lui donnent une légitimité institutionnelle sans lui offrir de pouvoir réel sur les grandes décisions : la politique étrangère, le nucléaire, les Gardiens de la révolution — tout cela reste entre les mains du Guide suprême.

Un homme de dossiers dans un régime d’hommes de foi

Ce qui distingue Pezeshkian de ses pairs, c’est son rapport aux faits. En 2022, quand Mahsa Amini meurt en détention après son arrestation par la police des mœurs, il est l’un des rares parlementaires à critiquer ouvertement le gouvernement pour sa gestion de l’affaire. Il appelle à des explications, soutient le mouvement Femme, Vie, Liberté — sans aller jusqu’à remettre en cause le Guide suprême, ce qui serait suicidaire. Il s’oppose aux suppressions violentes des manifestations de 2009 et 2019. Ces prises de position lui valent l’hostilité durable des durs du régime, qui le considèrent comme un traître en puissance.

En 2021, il tente de se présenter à la présidentielle mais le Conseil des gardiens — cette institution non élue qui filtre les candidatures selon sa loyauté idéologique — le rejette. Il doit attendre la mort accidentelle du président Ebrahim Raisi dans un crash d’hélicoptère en mai 2024 pour que les réformistes, réunis derrière Khatami et l’ex-président Rouhani, le portent à nouveau sur le devant de la scène. Cette fois, le Conseil des gardiens valide sa candidature. Pourquoi ? Probablement parce que Khamenei père avait besoin d’un visage présentable à l’Occident, sans pour autant lâcher les rênes du pouvoir réel.


Il y a quelque chose de profondément triste dans cette trajectoire : un homme compétent, honnête selon les standards du régime, forcé de jouer un rôle dans une élection dont il sait lui-même qu’elle ne lui donnera pas les clés de la maison. La démocratie de façade est peut-être la forme de cruauté politique la plus raffinée qui soit.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu