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COMMENTAIRE : L’USMCA et Trump — quand l’isolationnisme commercial menace les fermes du Midwest
Crédit: Adobe Stock

Le plus grand accord de libre-échange du monde

L’USMCA régit 1,9 trillion de dollars de commerce trilatéral annuel en 2026 — une augmentation de 32 % depuis l’entrée en vigueur de l’accord en 2020, selon le ministre canadien du Commerce, Dominic LeBlanc, dans sa lettre au représentant américain au commerce, Jamieson Greer, du 1er juin 2026. C’est la plus grande zone de libre-échange du monde, couvrant 500 millions de personnes et environ 30 % du PIB mondial.

L’accord a profondément intégré les chaînes d’approvisionnement dans les trois pays, particulièrement dans l’industrie automobile, l’agroalimentaire et les industries manufacturières. Un véhicule fabriqué aux États-Unis peut traverser plusieurs fois la frontière canado-américaine et mexicano-américaine pendant sa fabrication — le moteur est produit au Michigan, les composants électroniques au Mexique, l’assemblage final est partagé entre plusieurs États et provinces. Cette intégration crée de l’efficacité économique — et de la vulnérabilité face à une rupture réglementaire.

Les agriculteurs américains : les plus exposés, les moins entendus

Ce que Trump semble ne pas vouloir reconnaître, c’est que les agriculteurs américains sont les principaux bénéficiaires de l’USMCA — et ceux qui souffriront le plus d’une rupture de l’accord. Le Canada et le Mexique sont ensemble les deux premiers marchés d’exportation agricole des États-Unis, achetant ensemble plus d’un tiers des exportations agricoles américaines. Selon Guy Allen, économiste senior à l’Université d’État du Kansas, cité par le High Plains Journal (26 juin 2026), Trump dit lui-même que les États-Unis « n’ont besoin de rien que le Canada ou le Mexique produisent » — alors même que les deux pays sont les principaux acheteurs de ce que les agriculteurs américains produisent.

La Commission de l’Agriculture de la Chambre des représentants a signalé un soutien bipartisan large pour maintenir l’USMCA en place. Les associations agricoles représentant des centaines de milliers de producteurs de soja, de maïs, de blé, de porc, de bœuf et de volaille — majoritairement des États républicains du Midwest — ont exprimé leur préoccupation directement à la Maison-Blanche et au Congrès. Ces agriculteurs ne veulent pas perdre leur accès préférentiel aux marchés canadien et mexicain sur l’autel d’une posture négociatrice qui ne bénéficie principalement qu’à l’agenda politique de Trump.


Je trouve cette situation politiquement révélatrice : les agriculteurs du Midwest qui ont voté Trump sont précisément ceux qui pourraient souffrir le plus de sa politique commerciale. Ce n’est pas un paradoxe nouveau — c’est le pattern répété de la politique populiste : promettre la protection aux travailleurs ordinaires tout en menant des politiques qui les exposent davantage. La différence, ici, c’est que les agriculteurs du Midwest ont suffisamment de lobbying organisé pour se faire entendre. Reste à voir si Trump les écoute.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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