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ANALYSE : 5 % du PIB d’ici 2035 : la révolution budgétaire qui redessine l’OTAN
Crédit: Adobe Stock

Les 3,5 % : le noyau dur de la défense

Les 3,5 % de dépenses militaires de base — le cœur de l’engagement — sont définis selon la nomenclature standard de l’OTAN pour les dépenses de défense. Cela inclut les salaires et avantages des personnels militaires, l’acquisition d’équipements (avions, navires, véhicules blindés, systèmes de missiles), la recherche et développement dans le domaine militaire, les opérations et maintenance des forces existantes, et les infrastructures militaires. La règle du 20 % — selon laquelle au minimum 20 % des dépenses de défense doivent aller à l’acquisition d’équipements — reste en vigueur et s’applique dans ce cadre élargi.

Passer de 2 % à 3,5 % du PIB en dépenses militaires strictes représente une augmentation de 75 % des dépenses dans ce domaine pour un pays moyen. Pour un pays comme la France, dont le PIB est d’environ 3 000 milliards d’euros, cela signifierait passer de quelque 60 milliards à plus de 100 milliards d’euros de dépenses militaires annuelles. Pour l’Allemagne, dont le budget de défense a déjà doublé depuis 2021 pour atteindre plus de 150 milliards d’euros, l’objectif de 3,5 % du PIB impliquerait de dépenser environ 170 milliards d’euros par an d’ici 2029.

Les 1,5 % : l’assouplissement stratégique

Le volet des 1,5 % supplémentaires est plus flexible. Il peut inclure des dépenses en cybersécurité, en infrastructure nationale renforcée pour la résistance militaire (ponts, routes, ports), en préparation civile (abris, stocks stratégiques, communication d’urgence), en innovation et recherche duale (technologie applicable à la fois au civil et au militaire), et en soutien à l’industrie de défense. Cette catégorie plus large a été conçue pour permettre aux pays d’atteindre le chiffre global de 5 % même si certaines dépenses de sécurité nationale ne correspondent pas strictement à la définition traditionnelle des dépenses militaires.

Ce choix de conception reflète la nature moderne de la sécurité : dans un monde de guerre hybride, les frontières entre défense militaire et sécurité civile sont de plus en plus floues. Les câbles sous-marins endommagés, les réseaux électriques ciblés par des cyberattaques, les campagnes de désinformation — tous ces éléments font partie de l’arsenal de menaces russes contre l’Europe. Investir dans la résilience civile fait donc partie intégrante de la réponse à ces menaces.


La flexibilité du volet 1,5 % me préoccupe légèrement. Elle est nécessaire politiquement — sans elle, l’accord de La Haye n’aurait peut-être pas tenu. Mais elle permet aussi à des pays de comptabiliser des dépenses qui n’ont qu’un lien ténu avec la capacité militaire réelle. Une route remise en état pour permettre le déplacement de convois militaires est de la défense. Un programme de cybersécurité des entreprises privées, c’est plus discutable. Je compte sur la revue de 2029 pour clarifier et resserrer les définitions si nécessaire. La crédibilité de l’engagement dépend de la rigueur de sa mise en œuvre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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