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ÉDITORIAL : Les « sanctions ukrainiennes » : quand les drones de Zelensky valent mieux que Bruxelles
Crédit: Adobe Stock

Ce que les sanctions ont accompli depuis 2022

Commençons par honorer ce que les sanctions ont réellement accompli, parce qu’il serait injuste de tout balayer d’un revers de main. Depuis février 2022, l’Union européenne a adopté 21 paquets de sanctions contre la Russie. Ces sanctions ont exclu les principales banques russes du système SWIFT, gelé des centaines de milliards de dollars d’actifs de la Banque centrale russe et d’oligarques, imposé un embargo sur les importations d’hydrocarbures russes par l’UE, restreint les exportations de technologies dual-use vers la Russie, et établi le mécanisme du prix plafond sur le pétrole russe — actuellement fixé à 44,10 dollars le baril.

Ces mesures ont eu des effets réels. Le PIB russe a contracté de 0,2% au premier trimestre 2026. Le déficit budgétaire atteint environ 3% du PIB. L’inflation ronge le pouvoir d’achat russe. L’accès aux technologies avancées — semi-conducteurs, équipements industriels, composants électroniques militaires — est sévèrement restreint, forçant la Russie à contourner les sanctions via des pays tiers (Chine, Inde, Turquie) avec des coûts supplémentaires et des délais plus longs. Ces effets cumulatifs dégradent lentement mais réellement la base industrielle militaire russe.

Ce que les sanctions n’ont pas accompli : l’éléphant dans la pièce

Malgré tout cela, Poutine continue sa guerre. La Russie dépense aujourd’hui 40% de son budget fédéral en dépenses militaires et de sécurité — un niveau de mobilisation économique que ni les sanctions ni la diplomatie n’ont réussi à rendre insoutenable. L’économie russe, décrite par certains économistes comme étant « à l’impasse » (un conseiller en sanctions de Zelensky a utilisé le terme « dead end » le 26 juin 2026), n’est pas effondrée. Elle s’est adaptée, douloureusement mais réellement, à l’état de siège économique.

La Russie a trouvé de nouveaux acheteurs de son pétrole en Asie — principalement l’Inde et la Chine — qui absorbent une large partie de ce que l’Europe ne veut plus. Elle a développé une « flotte fantôme » de pétroliers qui contournent les sanctions maritimes. Elle a réorienté ses importations technologiques via des intermédiaires dans des pays tiers. Ces contournements ont un coût en termes d’efficacité et de prix, mais ils permettent à la machine de guerre de continuer à fonctionner. La leçon est amère : des sanctions peuvent nuire, mais elles ne peuvent pas seules stopper une économie déterminée à se militariser.


Je ne blâme pas les architectes des sanctions. Le 21e paquet est le fruit d’un travail diplomatique colossal, de compromis douloureux, de pressions politiques intenses. Mais l’honnêteté intellectuelle oblige à reconnaître qu’après quatre ans et 21 paquets, Poutine est toujours là et ses missiles frappent toujours Kyiv. Il faut compléter les sanctions par autre chose — et c’est exactement ce que font les drones ukrainiens.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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